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Ceci est le Tome 2 de Mass Effect 4. Il est en cours d'écriture. Toutes les remarques sont les bienvenue.

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Chapitre 1 : La vengeance d’Aria T’Loak

Dans les bas quartiers de Vancouver, au milieu d’immeubles partiellement éventrés, voire carrément effondrés, se dressait une vieille bâtisse partiellement en ruine. Les fenêtres qui avaient volés en éclat pendant la guerre n’avaient toujours pas été remplacées et mis à part les routes qui avaient été déblayées après le cataclysme, rien n’avait vraiment changé. Faute de moyens, le gouvernement avait décidé de le laisser à l’abandon et l’endroit était devenu le repère des criminels et des laissés-pour-compte. C’est dans ce lieu qu’avait choisi de s’installer Pitney For, un petit Volus débrouillard, tour à tour prêteur sur gage et informateur. Ancien agent du Courtier de l’Ombre, il travaillait désormais à son compte, sous couvert de ses activités officielles. Ce jour-là, elles tournaient au ralenti car il se passait en ville un événement d’une grande importance, le mariage en grande pompe du sauveur de l’humanité. Il n’avait bien évidemment pas été invité et en profitait pour mettre un peu d’ordre dans ses papiers. Soudain, une explosion se fit entendre dans le hall d’entrée de sa boutique, là où il n’y avait pas si longtemps se trouvait encore son employé. A peine eut-il  le temps de se lever pour aller voir ce qui se passait, que la porte s’ouvrit dans un grand fracas. Apparut alors Aria T’Loak, la célèbre reine pirate.

-          La reine pirate en personne ! s’exclama le petit Volus. Vous m’avez donc retrouvé ! Moi qui croyais avoir trouvé la planque idéale ! Que me vaut cet honneur ?

-          J’ai besoin d’informations…et des bonnes, rétorqua-t-elle.

-          Dans ce cas, vous avez frappé à la bonne porte. Que voulez-vous savoir ? Et combien êtes-vous prête à mettre pour cette info ?

-          Ne va pas t’imaginer que j’ai oublié ta petite trahison.

-          Mais…

-           Tu m’as vendu à Shepard et elle a fait capoter toute mon affaire. Donc, en échange de ta vie, tu vas me dire ce que je veux savoir.

-           A ce rythme-là, je vais faire faillite.

-          Qu’est-ce que tu marmonnes entre tes dents, sale petit escroc ?

-          Rien. Vos désirs sont des ordres. Alors, quels genres d’informations il vous faut?

-          Rien de bien compliqué, tu vas vite t’en rendre compte, lui dit-elle sur un ton froid. Je veux savoir où Shepard a été envoyée en mission, j’ai un petit cadeau à lui remettre en main propre.

-           Il va me falloir un peu de temps pour le savoir. L’Alliance sait garder ses secrets.

-           Tu as vingt-quatre heures, pas une minute de plus. Sinon, et bien…soit à l’heure, ça vaudra mieux... pour toi bien sûr !

Elle émit un petit rire diabolique et sortit en claquant la porte, le laissant dans son fauteuil, perplexe. Il ne savait pas par où commencer, mais il savait que s’il échouait, il ne ferait pas de vieux os. Il se pencha sur son ordinateur et commença à pirater le système informatique de l’alliance. Un Quarien serait bien plus efficace que moi ! vociféra-t-il. Ha, pourquoi n’en ai-je pas dans mes employés !

Quelques kilomètres plus à l’ouest, à une centaine de mètres sous la surface, se trouvait la nouvelle base secrète d’Aria. C’était un ancien bunker, érigé pendant la grande guerre qui avait vu s’affronter l’univers tout entier et les Moissonneurs. L’entrée se faisait par un immeuble situé deux rues plus loin, pour plus de discrétion et deux Krogan montaient la garde. L’un d’eux la salua avec respect mais Aria rétorqua : « Oui, oui, faites juste votre boulot ! Au diable les civilités ! » Elle longea plusieurs couloirs, descendit quelques escaliers et entra dans une pièce sombre. Là, elle se laissa tomber sur son divan et alluma son holo-télé. Le volume était assez bas et elle ne l’écoutait que d’une oreille distraite. Soudain, une information la fit se redresser, au moment où la présentatrice qui commentait la rediffusion du mariage de Shepard annonça qu’elle venait de monter à bord du Normandy, après avoir quitté précipitamment l’église. Elle n’en croyait pas ses yeux d’avoir devant elle une légende vivante et était ravie de son dernier salut à la foule… Aria, elle,  retenait sa colère :

-          Profites-en tant que tu le peux, ma chère. Je te réserve une petite surprise dont moi seule ait le secret. Tu vas regretter de t’être mêlée de mes affaires.

-          … Retraçons l’histoire exceptionnelle de cette femme…

-          Rrrr, saleté d’humains, se mit-elle à vociférer. Tout était plus tranquille quand ils n’étaient pas là. Et me voilà coincée sur leur planète. Je dois suivre les travaux du professeur Erissart d’un peu plus près si je veux avoir une chance de retourner sur Thessia un de ces jours. Mais pour l’heure, je dois m’occuper de cette empêcheuse de tourner en rond. Et se tournant vers la porte : «  Krank ! Amène-toi, il me faut un verre. »

Le Krogan entra précipitamment et bruyamment dans la pièce, le précieux breuvage à la main.

-          Tenez chef. Du nouveau ? lui demanda-t-il en lui tendant sa boisson.

-          Oui…elle est maligne mais heureusement pour moi, je ne suis pas la seule à lui en vouloir. Cerberus, tu connais ?

-          Oui, des empêcheurs de tourner en rond qui veulent ériger la race humaine au-dessus de toutes les autres ! s’exclama-t-il en grognant. J’en ai affronté quelques-uns par le passé ! Heureusement, cette organisation n’existe plus.

-          C’est là où tu te trompes ! Elle existe toujours. Moins de membres, certes, mais toujours la même fougue et surtout, toujours le même intérêt pour Shepard !

-          Vous voulez faire alliance avec eux ? s’étonna-t-il. Mais, ils ont tué votre fille, vous ont volé Omega, tourné en ridicule…

-          Je sais tout ça, lui répondit-elle en chassant ses paroles d’un geste. Et je n’ai pas l’intention de les laisser s’en tirer à si bon compte ! Mais pour le moment, il me faut des alliés, et je ne vois qu’eux d’assez malin pour réussir ma vengeance. Et puis, mieux vaut me débarrasser du plus gênant en premier, il me sera d’autant plus facile de les éliminer définitivement une fois Shepard hors course, dit-elle avec un petit sourire.

-          Et comment vous comptez vous y prendre pour les contacter ?

-          For ! Ce petit avorton va m’aider. Retourne à ton poste, je dois faire une course !

Elle se leva et posa son verre sur un petit guéridon puis se dirigea vers la sortie. Les deux Krogan la saluèrent et de nouveau balaya leur geste d’un revers de main. Elle partit en direction des bas quartiers de Vancouver, là où se trouvait le bureau de Pitney For. Le standardiste se remettait doucement de sa rencontre avec la reine pirate, lorsque celle-ci fit de nouveau irruption. Il bondit hors de sa chaise et alla se cacher sous son bureau, comme un enfant tremblant de peur dans le noir.

-          Il est dans son bureau ?, lui demanda-t-elle plus par politesse que par véritable besoin.

Sans attendre de réponse, elle traversa rapidement la pièce et trouva le Volus penché sur son ordinateur. Celui-ci sursauta à sa vue :

-          Hé, vous m’aviez donné vingt-quatre heures !

-          Du calme, lui dit-elle, c’est pas cette info que je suis venue chercher. Tu te souviens de Cerberus ?

-          Cerberus, oui, le groupe pro humain.

-          Eh bien, il se dit qu’il serait en train de se reconstruire. Je veux un max d’infos sur cette affaire. Et n’oublie pas. Ton temps est compté.

Elle sortit en claquant la porte, le faisant une nouvelle fois sursauter.

-          Allez mon vieux, au boulot. Cette info va être facile à trouver ! Une chance qu’elle ne soit pas protégée par l’Alliance ! Il pianota sur son ordinateur et trouva ce qu’il cherchait. Bingo, j’ai trouvé ! Tiens, tiens, Aria avait raison. Cerberus est bel et bien en train de se reconstruire. Voyons, quel est le nom de leur nouveau chef ? Petrovsky Oleg, recherché activement par le gouvernement pour terrorisme aggravé ! Voilà qui devrait faire plaisir à Aria.

Il téléchargea les informations qu’il avait pu trouver sur ce type et son organisation sur un disque. Il ne restait plus qu’à les envoyer à l’intéressée. Il appuya alors sur un bouton :

-          Eros, j’ai besoin de toi. 

-          Qu’y a-t-il Monsieur For ?

-          Envoyez un coursier chez Aria. J’ai un petit colis à lui remettre. Je vous envoie ses coordonnées.

-          Très bien, Monsieur !

Pendant ce temps, Aria était retournée chez elle et attendait des nouvelles avec impatience. Elle entendit un double « bip », signe qu’un nouveau message venait d’arriver. Elle le lit rapidement et se dit pour elle-même que Pitney n’était pas si incompétent finalement. Elle se tourna alors vers la porte et cria :

-          Krank, viens ici !

-          Oui chef, qu’y a-t-il ?

-          For nous envoie un coursier avec des infos importantes. Va l’attendre, mais ne fait pas de vagues ! Il ne faudrait pas attirer l’attention sur nous !

-          A vos ordres !

Dix minutes s’écoulèrent, puis le Krogan réapparut, un disque à la main.

-          Tenez ! lui dit-il en lui tendant le précieux objet.

-          Merci, tu peux y aller ! Elle inséra le disque dans un lecteur et son sang ne fit qu’un tour. Par la déesse, qu’est-ce que c’est que ça ? Ne me dites pas que c’est cet enfoiré qui tire les ficelles maintenant ? Passé ce moment de stupeur, elle se reprit et se dit qu’elle se chargerait de lui le moment venu. Pour l’heure, c’est de lui dont elle avait besoin. Elle se leva et prépara un holo à l’attention de Petrovsky:

      « Oleg Petrovsky ! Ici Aria, vous vous souvenez de moi je suppose ? Je sais que c’est vous qui dirigez maintenant Cerberus, depuis le décès de l’Homme Trouble. » Elle esquissa un sourire, et après une petite pause, histoire de lui laisser le temps de comprendre à qui il avait à faire, reprit sans autre forme de procès. « Mais je manque à tous mes devoirs. Félicitation pour cette promotion et cette magnifique évasion. Vous avez fait du chemin depuis notre rencontre sur Oméga, la base que vous m’avez volé. Mais soit, ce n’est pas pour cela que je vous contacte. Shepard. Ça vous dit quelque chose ? Cette garce nous a fait du tort à tous les deux, et je suis sûre que comme moi, vous aimeriez lui rendre la monnaie de sa pièce. C’est bien comme ça que vous dites, vous, les humains. Elle m’a volé quelque chose de très important et vous a fait emprisonner. On pourrait s’entraider, faire cause commune contre elle, qu’en dites-vous ? Si mon offre vous intéresse, envoyez-moi votre réponse sans tarder. Nous fixerons un rendez-vous. »

Elle coupa l’enregistrement et appuya sur le bouton pour l’envoyer via un canal sécurisé. Voilà qui est fait, se félicita-t-elle. Espérons qu’il ne tarde pas à me répondre.

Chapitre 2: L'aventure commence

Un peu plus tard ce jour-là, sur le Normandy, Shepard tenait un discours sur le pont. Son mariage avait été écourté et elle et son équipage avaient dû se changer pour revêtir leur uniforme réglementaire. Dans le cockpit, Joker sifflotait tout en écoutant son message, diffusé dans les haut-parleurs. Le silence se fit dans les couloirs du vaisseau, le mess, les quartiers d’équipage et tous écoutèrent le discours de l’Amiral.

-          Mes amis, tout d’abord, merci d’être venus à la cérémonie. Désolée que vous n’ayez pas pu assister au repas, la pièce montée était à tomber.

Des rires se firent entendre mais elle continua, impassible.

-        Après une semaine de sursis, nous avons reçu un nouvel ordre de mission de l’Amiral Hackett. Il nous demande de nous rendre en Egypte, où des tensions commencent à apparaître, notamment autour des trois pyramides. Vous n’êtes pas sans savoir qu’après notre retour, et grâce à Liara, des fouilles ont été mises en place à Gizeh afin de découvrir des vestiges et peut être de la technologie trorienne. Des groupes dissidents veulent s’approprier leurs secrets et tuent quiconque veut s’approcher du site de fouille. Nous devons donc y mettre bon ordre. Ceci est une mission de routine mes amis, et avec un peu de chance, nous pourrons continuer ce que nous avons commencé ce matin.

Des applaudissements éclatèrent dans tout le vaisseau. Shepard éteignit le micro et alla nourrir ses poissons. Son hamster la regardait à travers les barreaux de sa cage attendant lui aussi d’être nourri. Kaidan entra alors dans la pièce accompagné de Liara. Tous deux avaient l’air soucieux.

-          Hum hum ! toussa Kaidan. Shepard, tu es occupée?

-          Ha, Kaidan, Liara! Qu’est-ce qui se passe ?

-          Liara a regardé les images satellites du site où l’on va et ce qu’elle a vu est assez inquiétant, lâcha-t-il, l’air sombre.

-          En effet, Shepard, enchérit Liara, c’est un peu plus alarmant que ce que laissait entendre l’Amiral.

-          C’est-à-dire ?

-          Regardez mon omnitech, dit Liara en lui tendant son appareil. J’ai zoomé un maximum pour avoir un meilleur aperçu des forces que l’on va devoir affronter. Et je ne pense pas que vous allez aimer ce que vous allez voir.

-          C’est pas vrai ! Encore eux ?, s’exclama-t-elle, surprise.

Elle regardait attentivement le groupe d’hommes armés qui montaient la garde devant la pyramide de Khéops quand arriva un homme habillé différemment, et qui semblait être leur chef.

-          Et là ! s’exclama Shepard. Me dites pas que cet enfoiré a pris du galon ! Je savais que j’aurai dû le buter !

-       Désolé Shepard, mais je crois bien que si. Il semble qu’il ait pris leur tête, à un moment où l’organisation était en plein conflit interne, confirma Kaidan.

-      Ce qui est bizarre, en revanche, se demanda-elle, c’est que s’il est bien le nouveau chef de Cerberus, qu’est-ce qu’il fait là ? L’Homme Trouble n’avait pas pour habitude de se rendre directement sur place.

-          Nouveau patron, nouvelles règles ! s’amusa Kaidan.

-          Non, moi aussi je trouve ça bizarre, renchérit Shepard. Quand je l’ai croisé sur Oméga il était Général. Puis il a été arrêté et remis à l’Alliance. Son procès n’a malheureusement jamais eu lieu puisque les Moissonneurs nous sont tombés dessus et qu’il en a profité pour prendre la poudre d’escampette. Le chef d’une organisation criminelle aussi développée, même amputée d’une partie de ses factions, doit savoir qu’il est préférable de rester dans l’ombre, ne serait-ce que pour sa propre sécurité. Comme le Courtier, il se doit d’être discret afin que personne, pas même ses hommes, ne sachent qui il est réellement. S’il est présent sur ce site, c’est que nous avons affaire à du très lourd.

-          Vous pensez comme moi commandant ? s’inquiéta Liara.

-         Si vous pensez que c’est parce qu’il a trouvé ce que les équipes scientifiques recherchent depuis une semaine, alors oui, je pense comme vous.

-          Shepard, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Kaidan d’un air grave.

-         Ce qu’on a toujours fait. On fonce dans le tas et on fait le ménage ! dit-elle avec un petit sourire.

Un grésillement se fit entendre sur le bureau de Shepard et une annonce de joker vint interrompre la conversation. Ils se retournèrent en direction du bureau.

-        Commandant, nous serons sur le site dans 5 minutes. Pour ne pas nous faire repérer, je suggère de poser le Normandy dans le désert à 1 km des pyramides et de continuer le chemin dans le Mako flambant neuf que l’Alliance vous a offert comme cadeau de mariage.

Shepard se dirigea vers le bureau et appuya sur une touche pour pouvoir lui répondre:

-          Bonne idée Joker ! On se prépare.

Elle coupa la communication et ouvrit le canal des annonces du vaisseau :

-        Départ pour le site dans 5 minutes ! Garrus, rendez-vous dans le hangar. Les autres, restez à vos postes et tenez-vous prêts en cas d’attaque !

Elle se dirigeait vers la porte de sa chambre lorsqu’elle remarqua que Kaidan et Liara n’avaient pas bougé.

-          Ben, qu’est-ce que vous attendez ? Une invitation ? leur demanda-t-elle.

-          Heu non, bredouilla Kaidan. Désolé Shepard, je ne sais plus où j’avais la tête !

-          Vous aussi Liara, vous venez avec nous. Nous aurons besoin d’une spécialiste.

Une fois dans l’ascenseur, ils attendirent en silence que l’appareil atteigne le hangar. Lorsque les portes s’ouvrirent, ils se rendirent compte que Garrus était déjà là, près de l’armurerie.

-       Ha, Shepard, c’est vous. Dites donc, l’Alliance a bien bossé. Je suis comme un gosse dans un magasin de jouets la veille de Noël. Je ne sais pas quoi prendre, tout me fait envie !

-          Prenez le M-98 Veuve, lui suggéra Kaidan.

-        Bonne idée, dit-il en souriant, ce sera comme ci Légion était encore des nôtres ! Un voile passa devant son visage qui redevint très vite souriant. Puis levant son arme comme on lève un verre, il s’écria : « A la tienne, Légion ! »

-          Allez, on se bouge le cul ! enchaîna Shepard. Ils vont pas nous attendre éternellement ! Je veux la peau de ce fumier et savoir ce qu’il fout là.

Garrus courut vers le Mako et Kaidan prit le M-99 Saber qui se trouvait sur la table. Liara et Shepard étaient déjà montées à l’intérieur et les attendaient. Une fois tout le monde assis, Joker ouvrit la porte du hangar et le Mako sortit du Normandy.

-         Bonne chance ! Terminé !

Le Mako se trouvait maintenant dans le désert du Sahara. Il n’y avait que du sable à perte de vue et au loin se dessinaient les silhouettes des pyramides de Gizeh, Khéops, Khéphren et Mykérinos. L’air ondulait sous l’effet de la chaleur le rendant presque irrespirable. Mais le véhicule tout terrain n’en avait que faire et traça son chemin à travers le désert en direction du site de fouille. A mesure qu’ils se rapprochaient de celui-ci, les palissades entourant le campement des scientifiques commencèrent à apparaître. Un peu plus au nord, on distinguait maintenant très nettement les grandes pyramides et le Sphinx qui en gardait l’entrée. Le Mako s’arrêta à l’entrée de ce qui semblait être un  bivouac fantôme. Rien ne bougeait, si ce n’est la toile des tentes sous l’effet du vent chaud du désert. Garrus, kaidan, Liara et Shepard descendirent du véhicule et s’approchèrent d’une des tentes.

-          Ce silence me fait froid dans le dos, prononça Kaidan d’un ton grave. Remarque, avec la chaleur qui fait ici ce n’est pas plus mal.

-          Encore en train de vous plaindre lieutenant? plaisanta Liara. Sur Novéria il faisait trop froid, et là il fait trop chaud ? Vous n’êtes vraiment qu’une petite nature !

-          C’est Lieutenant-Colonel maintenant! répondit-il un peu vexé.

-          Shepard, venez voir ça ! l’interpella Garrus. Des traces de sang. Et elles vont toutes dans la direction de ce bâtiment là-bas.

-          Du sang dans le sable ? s’étonna Liara. Comment c’est possible, avec le vent, elles ne devraient pas apparaître, même si elles étaient fraîches.

-          Les palissades les auront protégés du vent, avança Shepard sans grande certitude.

Elle s’approcha de l’endroit où se trouvait Garrus, regarda le sang séché sur les tentes et leva la tête en direction de l’Est. Elle leva le poing pour faire signe à son équipe de ne plus bouger et de se taire, et se dirigea vers le bâtiment en question. A mesure qu’elle approchait, une forte odeur commença à se faire sentir et elle dut mettre son casque pour s’en protéger. Elle appuya sur le bouton d’ouverture mais la porte semblait coincée. Elle recula alors pour lancer Projection. La porte fut délogée de ses gonds et alla s’écraser plus loin. Des cadavres en état de décomposition avancée tombèrent par l’ouverture et le reste de l’équipe dut remettre son casque pour se protéger de l’odeur.

-          Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda Kaidan, nauséeux. C’est qui ces types ?

-          Les scientifiques envoyés par l’Alliance pour étudier la zone, répondit doucement Liara en baissant la tête.

-          Cerberus…, murmura Garrus dans ses dents.

-          Oui, ça m’en a tout l’air, rétorqua Shepard, écœurée par l’horrible spectacle qui se déroulait devant elle. Poussez-vous, il faut les brûler avant qu’une épidémie se propage, dit-elle avant de lancer Incinération dans le container.

-          Un peu radical, non ? demanda Kaidan.

-          Que vos âmes reposent en paix. On vous vengera, déclara Liara la tête baissée en guise de recueillement. Puis redressant la tête, elle ajouta : Shepard a raison. Si elle ne l’avait pas fait, nous aurions tous pu être contaminé par des germes vivants sur les cadavres.

-          Et maintenant ? demanda Garrus.

-          On les défonce ! rétorqua Shepard.

-          Une stratégie commandant ? reprit-il.

-          Le Sphinx devrait être une bonne couverture. Après, tout dépend de leur nombre.

Ils revinrent sur leurs pas et se dirigèrent vers l’imposante statue de lion à tête humaine. La grande pyramide se trouvait à environ 500 mètres droit devant lui. L’équipe se cacha derrière, de façon à pouvoir voir sans être vu.

-          Incroyable ! s’extasia Liara. Cette statue a beau être âgée de 4000 ans et avoir subi plusieurs guerres, elle est toujours intacte et fascinante. C’est un peu comme si ce Sphinx montait la garde. Et dire que c’est les Trorien qui l’ont construit.

-          C’est intéressant Liara, mais vous vous extasierez plus tard sur ce chef d’œuvre, répondit Shepard passablement impatiente. Garrus, dites-moi ce que vous voyez dans votre lunette.

Garrus se mit en position de sniper et regarda dans le viseur. Trois hommes montent la garde, lui répondit-il. Aucun signe de Petrovsky ou d’autres membres de Cerberus. Ils doivent penser qu’ils n’ont rien à craindre.

-          Oui, ben on va leur montrer qu’ils ont tort, s’amusa kaidan.

-          Du calme, déclara Shepard. une fois ces gardes mis hors course, il faudra s’attendre à une forte résistance à l’intérieur. Kaidan, il va falloir me couvrir, au cas où. Je vais me rapprocher pour pouvoir utiliser mes pouvoirs. Liara, restez proche de Garrus, je vais avoir besoin de vous aussi. Il va falloir être synchro sur ce coup ! S’ils me voient, ils vont me canarder. Il ne faut pas qu’ils puissent donner l’alerte. Je me charge de celui de droite, Liara de celui de gauche. Garrus je vous laisse celui du milieu. Mais ne tirez pas avant que je sois en position.

-          Avec plaisir Shepard. Ça faisait longtemps ! répondit –il.

-          Comptez sur moi ! rétorqua Liara à son tour.

Shepard activa son camouflage tactique et partit sur la droite pour se rapprocher de la cible.  Liara et Garrus attendaient le signal de Shepard, toujours cachés derrière l’imposante statue. Les gardes plaisantaient sur leur chef et ne faisaient absolument pas attention à eux. Shepard se retourna et fit signe aux autres de se tenir prêt. Avant que les gardes n’aient le temps de réagir, Shepard lança Incinération, tuant le premier garde, pendant que Liara et Garrus tuaient les deux autres, l’une avec déchirure et l’autre d’un tir de sniper dans la tête. La voie étant libre, nos quatre amis se lancèrent à l’assaut de la grande pyramide mais s’arrêtèrent devant l’entrée principale afin que Shepard puisse mettre en place une tourelle de garde.

-          Beau travail tout le monde, les félicita Shepard. Net et sans bavure. J’aime ça.

-          Shepard, regardez ces inscriptions sur la porte, prononça Liara en fronçant les sourcils.

-          Quoi, les hiéroglyphes ? Oui, et bien qu’est-ce qu’ils disent ? Vous pouvez les traduire ?

-          Bien sûr Shepard, répondit-elle. J’ai étudié toutes les écritures primitives relatives à votre espèce. Et puis, si je peux traduire du prothéen, vous imaginez bien que ceux-là ne me poseront pas de souci. Bref, c’est une mise en garde. Du genre, « toi qui entre dans ce tombeau, prends garde à ta vie ». Non, ce qui me laisse perplexe, ce sont ces signes-là, dit-elle en pointant du doigt des glyphes présents sur le mur.

-          Ben quoi, vous ne pouvez pas lire ces hiéroglyphes ?

-          Justement Shepard, ce n’en est pas. Cela dit, j’en ai déjà vu. Dans la base sous-marine des Trorien.

-          Donc, cette mise en garde serait écrite en deux langues ? Comme pour des touristes ? demanda Kaidan, perplexe.

-          Pas pour des touristes, non, corrigea Liara. Plutôt pour des profanateurs. Il doit y avoir des pièges. Mais si Petrovsky est passé avant nous, il a dû en déclencher quelques-uns à lui tout seul. Je crois qu’on devrait s’attendre à trouver des cadavres.

-          Ok, tout le monde. Vous avez entendu Liara, faites gaffe où vous mettez les pieds ! ajouta Shepard. C’est surtout à toi que ça s’adresse Kaidan.

       -          Hé ! répondit Kaidan vexé.

Ils entrèrent dans la pyramide, Shepard en tête. Un long couloir s’étendait devant eux et Liara utilisa son omnitech pour scanner les murs autour d’elle. Derrière elle, Garrus était aux aguets tandis que Kaidan fermait la marche. Soudain, il trébucha et s’appuya sur le mur pour se rattraper. Le mur bascula et Kaidan disparut.

-          Hé Kaidan, vous avez rien entendu ? demanda Garrus en se retournant tout à coup. Kaidan ? reprit-il, le cherchant des yeux. Shepard, dit-il enfin, on a un problème !

-          Que se passe-t-il ? demanda-t-elle. Et il est où Alenko ?

-          Justement, c’est ça le problème. Il a disparu.

-          Mais…il était derrière vous ! cria Shepard, angoissée. Liara, une idée de ce qui a pu se passer ? demanda-t-elle, après s’être calmée.

-          Eh bien, on est dans une pyramide créée par les Troriens. Il n’y a peut-être pas que des pièges, expliqua timidement Liara.

-          Qu’est-ce qu’il peut y avoir d’autres ? s’énerva de nouveau Shepard. Des passages secrets ?

-          Ben oui, justement. Des passages secrets. Cela collerait parfaitement avec leur manière de faire, répliqua-t-elle.

-          Kaidan, où as-tu encore été te fourrer ? se demanda Shepard pour elle-même. Bon, pas le temps de le chercher. Petrovsky a une longueur d’avance sur nous et c’est pas le moment de traîner.

-          Oui, mais pour Kaidan ? demanda Liara. On fait quoi ?

-          C’est un grand garçon, Liara. Où qu’il soit, je suis sûre qu’il s’en sortira et qu’il arrivera à nous rejoindre.

-          Si vous le dites, répondit Liara en regardant une dernière fois derrière elle.

Chapitre 3: Le passage secret

Kaidan regarda autour de lui sans rien comprendre à ce qui venait de se passer. Il appela les autres, mais ne reçut aucune réponse. Seul le silence régnait. Il était dans le noir le plus complet et c’est à peine s’il pouvait voir sa main qu’il agitait frénétiquement devant lui. Heureusement pour lui, les casques de l’Alliance étaient pourvus d’une lampe frontale et il appuya sur un bouton pour la mettre en marche.

                -          Bon, je ne sais toujours pas où je me trouve mais au moins j’y vois clair. Enfin, si on peut dire. Allez Kaidan, reprends-toi, dit-il à voix haute pour se donner du courage.

Il regarda autour de lui mais la lumière ne lui renvoyait que les ombres des colonnes qui parcouraient la pièce. Il pouvait cependant affirmer qu’il se trouvait dans une salle assez grande, sans porte apparente, avec en son centre une énorme statue. De l’endroit où il se trouvait, il ne pouvait malheureusement voir ce qu’elle représentait. Il n’était jamais venu ici et pourtant cet endroit lui était familier. Le bruit de ses pas résonnait dans toute la pièce et il entreprit alors de marcher sur la pointe des pieds. Arrivé au pied de la statue, il leva la tête pour distinguer son visage et recula d’un pas. Il ne faisait maintenant plus aucun doute que cette pyramide était bien un vestige Trorien. Et pour cause. Cette statue en représentait un. Cela dit, ses vêtements étaient différents de ceux qu’ils portaient lors de leur visite dans leur dôme sous-marin. Il était en effet habillé d’une tunique, comme celles que portaient les pharaons d’Egypte et tenait une boule dans sa main. Kaidan essaya de voir ce qu’elle représentait, mais il était trop petit. Il jura et regretta que Liara ne soit pas là. Elle aurait peut-être pu répondre aux nombreuses questions qu’il se posait à ce moment précis. Soudain, un bruit le fit sursauter. Il entendait des bruits de pas. Il se rapprocha d’un des murs et se camoufla dans un coin sombre. Les pas étaient plus proches maintenant, mais il n’aurait su dire s’ils venaient de l’extérieur de la pièce ou s’ils venaient du dessus. – Saloperie d’écho, murmura-t-il. Il attendit donc un moment puis une fois le danger écarté, sortit de sa cachette. Il se surprit à transpirer. Pourtant, il faisait plutôt frais dans cette pièce. Une douleur le prit alors dans la jambe et baissant machinalement la tête pour regarder ce qui la provoquait, il vit avec horreur un scorpion se glisser hors de sa botte. Il était tellement absorbé par les bruits de pas, qu’il n’avait pas remarqué la bestiole y pénétrer. Lorsqu’il s’était relevé, elle en avait profité pour le piquer. – Saloperie ! cria-t-il en essayant de l’écraser. Mais le poison commençait à faire effet, rendant sa vision trouble et il perdit l’équilibre. Un genou à terre, il chercha vivement dans ses poches les doses de médi-gel qu’il avait emmené et qui ralentiraient le poison. Du moins l’espérait-il. Il s’adossa au mur et retira sa botte pour pouvoir appliquer le médicament sur la piqûre. La douleur disparut instantanément mais pas les vertiges. Visiblement, cette tactique ne s’avérait payante qu’à moitié. Il passa la main devant ses yeux mais celle-ci était floue. Il ne tarderait pas à perdre la vue s’il ne trouvait pas rapidement une solution. C’est alors qu’un autre bruit lui fit dresser l’oreille. Certes il n’y voyait plus très clair mais son ouïe était encore intacte. Il distingua vaguement une ombre au fond de la pièce, là où l’obscurité était la plus complète. Elle semblait se déplaçait lentement, comme si elle prenait son temps. Un bruissement l’accompagnait, comme un bout de tissu qui traîne par terre. Il commença à paniquer et essaya de se remettre debout, sans succès. Il était maintenant coincé avec une créature inconnue, dans une pièce secrète où personne ne penserait jamais à le chercher et blessé. Pour couronner le tout, le poison qui se rependait dans son organisme le paralysait petit à petit. Il en était sûr, c’était la fin.

Pendant ce temps, à l’entrée de la pyramide, Liara sondait les murs à la recherche d’informations sur les éventuels pièges qui se trouvaient à l’intérieur. Le couloir était étroit et en pente, ce qui ne facilitait pas leurs déplacements.

-          Eh bien, souffla Liara, Kheops regorge de nombreux secrets. Mise à part la disparition de Kaidan, je suis très excitée à l’idée de ce que l’on va découvrir à l’intérieur de ses murs.

-          Je ne suis pas aussi enthousiaste que vous Liara, répondit Garrus. Il fait sombre, le sol est glissant et j’ai l’impression que les murs se resserrent à mesure que nous avançons.

-          Ce sentiment, mon ami, répliqua Liara, s’appelle de la claustrophobie. De nombreux humains en souffrent mais je ne savais pas que les Turien pouvaient aussi en souffrir.

-          Shepard, demanda Garrus, vous pensez que l’on va le retrouver ?

-          Sûrement. Il ne peut en être autrement, dit-elle. Regardez ! Là ! Le chemin se sépare en deux tunnels. Liara, c’est vous qui connaissez le mieux cet endroit, par où devons-nous aller ?

-          Eh bien, réfléchit-elle. Si nous continuons à descendre, nous arriverons dans une chambre souterraine. Si nous prenons le chemin qui monte, on se rapprochera de la chambre du roi. Maintenant, la question est de savoir où pourraient se trouver les renseignements que nous cherchons.

-          Et Petrovski ! répliqua Shepard. Y’a pas un truc qui vous chiffonne ? Liara, vous nous avez dit qu’il y avait des pièges et pourtant, il n’y a aucun cadavre. Où se trouvent ses hommes de main ? Nous savons qu’ils sont passés par ici, c’est la seule entrée, mais dans ce cas, où sont-ils ? C’est étrange, c’est comme s’ils étaient venus ici mais pas en marchant.

-          Maintenant que vous le dites Shepard, il n’y a que nos traces de pas, affirma Garrus en éclairant le sol devant elle.

-          Et merde ! ragea Shepard en donnant un coup de poing dans le mur. Ils ont une sacré longueur d’avance sur nous.

-          Doucement, répliqua Liara. Le plafond va s’effondrer sur nous sinon !

Un grondement monta soudain de la chambre souterraine situé en contrebas, accompagné d’un nuage de poussière.

-          Shepard, demanda Garrus, qu’est-ce que vous avez fait ?

-          Je ne pense pas que cela vienne de moi, si vous voulez tout savoir.

-          On n’a plus le choix, vite, tous vers la chambre du roi ! hurla Liara.

Ils fermèrent la visière de leur casque en vitesse, tout en courant dans la direction qu’avait indiqué Liara. Autant la pente qui les avait menés ici était raide et glissante, autant ce chemin montait à pic. Ils durent s’arrêter au bout de 500 m, à bout de souffle. Haletants, ils retirèrent leur casque et regardèrent derrière eux mais ne virent rien. La chose qui était responsable de ce vacarme ne les avait visiblement pas suivis.

-          Pff, qu’est-ce que c’était ? demanda Garrus, haletant.

-          Je ne sais pas, lâcha Liara. Mais on l’a échappé belle. La densité de ce nuage aurait pu nous asphyxier dans un espace aussi réduit.

-          Et si c’était une explosion ? Peut-être que Petrovsky et son équipe ne sont pas aussi loin que nous le pensions et qu’ils ont dynamité la porte de la chambre souterraine, avança Shepard.

-          Dans ce cas, répliqua Garrus, ils ont dû être sévèrement touchés par l’explosion, vu le nuage de poussière que cela a provoqué !

-          Pas forcément, répondit Liara. Il aura sûrement trouvé un moyen de se mettre à l’abri avec ses hommes.

-          Il y a une autre hypothèse, renchérit Shepard.

Devant le regard dubitatif de son équipe, elle expliqua sa théorie.

-          Et si c’était autre chose qu’une explosion ?

-          A quoi vous pensez ? interrogea Liara.

-          A une créature que nous ou Petrovsky aurions réveillé. Un gardien, par exemple.

-          Comme celui que l’on a affronté sous la mer ? demanda Liara.

-          Exactement, dit Shepard.

-          Super, avança Garrus. J’en ai encore jamais vu, moi. Attendez, hésita-t–il avant de poursuivre, c’est une bonne ou mauvaise chose ?

-          Eh bien, hésita Liara. Il est là pour monter la garde, alors, s’il est réveillé, ce n’est sûrement pas une bonne chose pour nous. Il ne fait pas de distinction entre les individus qui violent l’entrée de son temple.

-          Et merde ! lâcha Garrus. Et Kaidan qui n’est pas là.

-          Shepard, demanda timidement Liara, vous êtes sûre qu’il va bien ?

-          Liara, on ne parle pas d’un débutant là, mais bien d’un soldat de l’Alliance. Et l’un des meilleurs qui plus est.

-          Shepard a raison, continua Garrus. Il nous rejoindra bientôt. Il trouvera une solution.

La vue de Kaidan baissait de plus en plus. L’ombre qu’il distinguait n’était certes plus qu’un point sombre au milieu de son champ de vision mais un point tout de même qui continuait à avancer. – Il y a quelqu’un ? interrogea-t-il. Je vous entends mais je ne peux pas vous voir. Je ne suis pas un ennemi. Je suis blessé, aidez-moi. La créature était maintenant à deux pas de lui et il pouvait sentir le souffle de sa respiration. Bizarrement, elle ne bougeait plus, comme si elle prenait son temps pour observer sa proie de près, maintenant que celle-ci était devenue inoffensive. Kaidan commença à paniquer. Il savait que les bêtes sentent la peur mais c’était plus fort que lui. Il sentit la sueur descendre doucement dans son dos, son souffle s’accéléra et son corps se raidit. La peur et le poison auraient bientôt raison de lui, il le savait. Et pourtant, la bête n’attaquait toujours pas, rendant ce moment encore plus angoissant. Elle jouait avec lui, comme un chat avec une souris.

-          Kaidan ! hurla Shepard. Lève-toi !

-          Shepard ? s’interrogea-t-il. C’est toi ? Voilà…que j’ai…des…hallucinations, bafouilla-t-il.

-          Je suis la partie encore consciente de ton esprit. Bats-toi ! Le poison aura bientôt atteint ton cœur !

-          Co…comment ? Je…ne…peux… plus…respirer…, haleta-t-il. Shepard ? She…pard ?

-          Vous allez mourir, dit soudain une voix venue d’outre-tombe.

-          Je …quoi ?

-         Sans antidote, reprit la voix, vous mourrez. Vos forces commencent à vous abandonner, vous n‘y voyait plus rien. Cependant, je vous ai bien observé et vous semblez sincère, pas comme ces individus qui se font appeler Cerberus et qui pillent allégrement le sanctuaire de mes maîtres. Pour cette raison, je vais vous donner une chance de vous en sortir. Répondez honnêtement à ma question et je vous sauverai. Jouez-vous de moi et ce tombeau sera votre tombeau !

-          D’a…d’accord, haleta Kaidan. Que…voulez-vous…savoir ?

-          Ce que vous faites là, reprit la voix. Pourquoi êtes-vous venus ici ? Que cherchez-vous ?

-          Je…, commença Kaidan, et il perdit connaissance.

Lorsqu’il reprit conscience, il remarqua immédiatement que sa vision était revenue et qu’il n’avait plus de fièvre. –Exactement comme pour Liara, murmura-t-il. Il était allongé sur ce qui semblait être une table d’examen, et la lumière lui fit plisser les yeux. Il tourna la tête à droite et à gauche, pour avoir une vision d’ensemble et tenta de s’asseoir. Il y parvint, non sans mal, son corps étant encore endolorit. L’endroit était désert et lumineux. Mise à part la table sur laquelle il était assis, le reste de la pièce était vide. Les murs étaient blancs, avec dans l’un d’entre eux une encoche assez grande pour y placer quelque chose. Intrigué par ce trou, Kaidan se leva doucement et décida d’aller voir de plus près de quoi il retournait. L’échancrure était juste assez grande pour contenir une main et sans réfléchir plus longtemps, il y glissa la sienne. A sa grande surprise, un panneau se souleva, laissant entrevoir un spectacle pour le moins étonnant. Devant lui, ou devrais-je plutôt dire, sous le vaisseau, parce qu’il ne faisait plus aucun doute maintenant qu’il se trouvait à l’intérieur d’un vaisseau spatial, la Terre se déployait dans toute sa splendeur. Il en eut le souffle coupé. – Mais je suis où, là ? Puis, dans un éclair de lucidité, il murmura :

-          Mon équipe, comment je vais faire pour retrouver mon équipe ?

Il se trouvait désormais à des milliers de kilomètres de la grande pyramide et de Shepard, à l’intérieur d’un vaisseau dont il ne savait rien, sans armes et sans possibilité de demander de l’aide. Cette fois il en était certain, il était dans de beaux draps.


Chapitre 4 : De mystérieux artéfacts

Oleg Petrovsky était un homme prudent. Après la perte d’Oméga suite à son incarcération et son retour impossible sur la station après son évasion, il avait dû trouver un autre point de chute pour gérer ses affaires. Lors de la dernière bataille, celle où l’Homme Trouble avait péri, il se trouvait déjà en sécurité, à plusieurs centaines de mètres sous la surface, au cœur du Mont Weather, une base militaire américaine abandonnée pendant la guerre du premier contact. Les zombis des Moissonneurs avait mis à sac l’endroit où il était retenu prisonnier plusieurs mois avant et c’est ainsi qu’il avait pu s’échapper, au nez et à la barbe de tous, profitant de la panique générale pour mettre les voiles. Il n’avait eu aucun mal par la suite à pirater les serveurs de l’Alliance et a trouver son nouvel eldorado. Chef auto-proclamé de Cerberus à la mort de l’Homme Trouble, il n’avait eu aucune difficulté à retrouver les membres éparpillés à travers toute la planète et à les rassembler sous sa nouvelle bannière.

En tant qu’ancien général, il connaissait les ruses qu’il fallait parfois employer pour arriver à ses fins, comme lorsqu’il avait repris Oméga à la Reine Pirate. Aussi, lorsqu’il reçut le message d’Aria, qui lui proposait une alliance, il en conclut immédiatement que ce devait être un piège. Il écouta cependant le message plusieurs fois, afin de s’assurer qu’il avait bien comprit sa demande. Et après de longues minutes de réflexion, il fit venir l’un de ses hommes de main. Celui-ci, un ancien soldat de l’Alliance ayant servi sous les ordres d’Anderson, se présenta devant lui, une main sur la tempe en guise de salut.

-          - Repos soldat !

-        -   Bien, Monsieur !

-         -  Dis-moi, lorsque tu servais dans les rangs d’Anderson, tu as dû entendre parler de la reine pirate, n’est-ce pas ?

-          - Et de la cuisante défaite que vous lui avait infligée ? Oui, Monsieur !

-          - Bien. Figure toi qu’elle vient de m’envoyer un message dans lequel elle me demande de m’allier à elle, pour combattre Shepard.

-          - Shepard ? C’est du suicide Monsieur ! Elle n’a fait que vous arrêter la dernière fois et vous a laissé la vie sauve. Qui sait ce qu’elle fera si la situation se représente à nouveau !

-         -  Oui, je sais, tu as sûrement raison. Cependant, je me dis que si Aria est de notre côté, cette fois, elle pourrait ne pas avoir autant de chance. Et puis, une fois Shepard éliminée, il ne restera qu’elle à détruire. Ne dit-on pas, l’ennemi de mon ennemi est mon ami ?

-         -  Certes, Monsieur !

-          - Bien, je lui répondrai plus tard. Du nouveau sur la pyramide ? Heureusement que nous avions ce… comment l’appelle nos scientifiques déjà ? L’Ansible de Clonage Quantique ?

-          - Oui, heureusement. Sans ce téléporteur, nous serions tous morts à l’heure qu’il est. Mais non, rien de nouveau. Les scientifiques ne savent pas ce qui a pu provoquer cette explosion.

-         -  Bon. Tu peux disposer. Amène-moi le docteur Caitlin immédiatement. Il faut que je lui parle.

-          - Bien, Monsieur !

Petrovski entendit la porte se refermer, puis quelques minutes plus tard se rouvrir. Le Docteur Caitlin entra dans la pièce puis vint s’asseoir à côté de lui. C’était une grande et belle femme, d’une trentaine d’année, aux cheveux d’un noir de jais qui se déployaient en cascade de part et d’autre de son visage. Ses yeux d’un bleu azur semblaient transpercer votre regard. Pour finir, de petites lunettes rondes venaient sublimer davantage ce visage déjà si parfait. Elle portait, comme tout scientifique qui se respecte, une blouse blanche avec un badge agrafé sur la poitrine, où l’on pouvait y lire son nom et son grade. La photo n’était pas récente mais suffisait toutefois à l’identifier.

-          - Ha, docteur ! Dites-moi que vous avez du nouveau !

-          - Vous m’en voyez confuse, mais non, malheureusement, nous n’avons pas encore découvert à qui ou à quoi nous avions affaire. Nous sommes sûrs qu’il ne s’agit ni des Prothéens ni des Léviathans. Mais nous ne savons rien de plus, si ce n’est que les pyramides ne sont pas l’œuvre des Egyptiens, comme on a toujours voulu nous le faire croire.

-         -  Je vois. Peut-être qu’Aria sait quelque chose et qu’il serait bon de prendre contact avec elle. Et pour ce téléporteur, l’ACQ ? Vous savez comment il fonctionne ?

-         -  On planche dessus, Monsieur. Cependant, nous pensons que son activation est de deux sortes : volontaire ou accidentelle dans votre cas, comme lorsqu’il vous a emmené à l’intérieur de la pyramide, ou non volontaire, comme un mécanisme d’urgence ou un système de survie, qui vous a permis de sortir de cet endroit sans encombres. Dans tous les cas, il nous faut comprendre son fonctionnement pour l’utiliser de nouveau par la suite. Peut-être aurait-il été judicieux de demander une explication aux archéologues qui l’ont trouvé et à qui nous l’avons volé, avant de les tuer.

-          - Attention mademoiselle. Vous êtes douée mais pas irremplaçable.

-        - Pardon, Monsieur. Je ne voulais pas dire que vous aviez agi sans réfléchir. C'est juste que c'est frustrant de ne pas savoir comment il fonctionne.

-          - Bien. Et ce bout de tissu poussiéreux qu’on a trouvé dans la tente des archéologues? Celui avec toutes sortes de symboles bizarres ? Une idée de ce que cela signifie ?

-          - Non monsieur. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ces écritures ne ressemblent à rien de connu. Ce ne sont pas des hiéroglyphes, ni du Prothéen, ni aucune autre langue morte ou vivante existante dans notre galaxie.

-          - Bien. Je ne vous retiens pas plus longtemps. Vous pouvez disposer.

-          - Merci Monsieur.

-          Le docteur Caitlin quitta la pièce et Petrovski entreprit de répondre à Aria. Après mûre réflexion, il appuya sur le bouton d'enregistrement du holo.

-          - Aria T'loak, bonjour. Oleg Petrovski. J'ai bien reçu votre message et je pense qu'il serait en effet opportun de faire front commun contre cette empêcheuse de tourner en rond. Quand pourrons-nous nous rencontrer ? Il y a également quelque chose dont je souhaiterai vous parler. Fixez une date et nous parlerons business.

Il coupa le holo et l'envoya via un canal privé. Il ne restait plus qu'à attendre.

 


Un bruit le sortit de sa torpeur. Il tourna vivement la tête, dans un réflexe de survie, mais ne vit rien. Etrange, se dit-il, en reprenant sa position initiale. Il se trouvait à bord d’un vaisseau alien après tout, ce bruit faisait sûrement partie de l’appareil. Il en était là de ces réflexions, lorsque le même bruit se fit entendre. Et là, il sentit quelque chose. C’était subtil, certes, mais tout de même présent, comme cette sensation dans la pyramide.

-          Il y a quelqu’un ? demanda-t-il en se retournant. Je ne vous vois pas mais je peux sentir votre présence. Je préfère vous prévenir tout de suite. Je ne suis peut-être pas armé mais je suis un humain biotique. En d’autres termes, je suis une arme à moi tout seul.

L’air sembla onduler dans un coin de la pièce, puis une forme apparut. Kaidan la reconnut instantanément pour en avoir déjà vu une, il n’y avait pas si longtemps, sous la mer. Il se demandait quand même ce qu’il faisait là. N’étaient-ils pas censés avoir quitté la Terre à la fin de leur dernière entrevue ?

-          - Vous ! s’exclama Kaidan. Comment ? Pourquoi ?

-         - Bonjour à vous également et de rien pour votre guérison.

-          - Quoi ? Heu…merci, oui. Excusez-moi, je suis tellement surpris de me retrouver devant vous et sur ce vaisseau. Comment suis-je arrivé ici ? Je vous croyez parti. Nous le pensions tous.

-         -  Beaucoup de questions et peu de temps pour y répondre. Nous étions partis, c’est vrai. Mais une alarme provenant de votre planète nous a obligé à revenir. Quelque chose de grave est sur le point de se produire. Et vous et votre équipe devaient l’en empêcher.

Kaidan n’en croyait pas ses oreilles. Eux, les Troriens, une race tellement avancée, demandait de l’aide à de « jeunes » humains ? C’était le monde à l’envers.

-          - Et en quoi pouvons-nous vous aider ? Est-ce que ça a un rapport avec ce qu’il s’est passé dans la grande pyramide ?

-          - Oui. Un groupe de personnes mal intentionnées s’est emparé d’objets très important pour nous. Un téléporteur et un parchemin. S’ils apprennent à les utiliser, alors tous les pièges que nous avons mis en place seront vains. Et ils pourront s’emparer du plus grand trésor de tout l’univers.

-         -  A ouais ? Rien que ça ? Le plus grand trésor de tout l’univers ? Et qu’est-ce donc que ce fabuleux trésor ?

-         -  Chaque chose en son temps. Le gardien que vous avez rencontré vous a laissé la vie sauve. Heureusement pour vous, lors de notre dernière rencontre, une infime trace de talion, une particule contenue dans notre bulle sous-marine s’est accroché à votre structure moléculaire, ce qui vous a permis de passer pour un des nôtres. Gravement blessé, nous vous avons téléporté  jusqu’ici.

-         -  Mais comment saviez-vous que j’étais blessé et dans quel endroit de la pyramide me trouver ?

-          - Nous avons des yeux dans tous les endroits que nous avons construits. Il faut bien que nous protégions nos créations. Nous avons également vu la femme qui vous sert de chef avec deux autres personnes quitter la pyramide rapidement.

-          - Shepard ! Donc, elle va bien. C’est déjà ça. J’avais peur que les hommes de Petrovski les aient intercepté.

-          - Les hommes en questions ont utilisé le téléporteur pour sortir de la pyramide. Je ne sais comment ils ont réussi à l’activer, mais cela devait être accidentel, autrement ils seraient déjà là.

-          - Quoi ? Votre téléporteur peut leur permettre de rejoindre votre vaisseau ?

-          - Oui, mais il est sécurisé. Ils ont dû activer le mode d’urgence sans s’en apercevoir. C’est pour cela que nous avons besoin de vous. Il faut que vous récupériez ces objets. Il en va de la sécurité de l’univers.

-          - Heu, soit. Mais comment je fais, moi, pour retourner sur terre ?

-          - Je vais vous aider. Pour l’heure, prenez ceci, lui dit-il en lui tendant un petit appareil qui ressemblait fort à un ocarina. C’est un appareil de téléportation. Il vous permettra d’aller là où bon vous semble. Mais n’en abusez pas. Il vous servira également pour revenir sur ce vaisseau. Maintenant, suivez-moi.

Il lui fit signe de le suivre et tous deux quittèrent la pièce. Le couloir du vaisseau ne comportait que quelques écoutilles, çà et là, et le mur était recouvert d’une texture phosphorescente. Aucune fioriture n’était apparente. Ni inscriptions, ni dessins, rien qui puisse indiquer dans quel endroit du vaisseau l’on se trouvait. Le Trorien paraissait flotter au-dessus du sol, mais sa longue robe lui masquant les pieds, Kaidan n’aurait pu l’affirmer. D’ailleurs, se demanda-t-il pour lui-même, est-ce qu’ils avaient même des pieds ?. Après tout, il ne les avait jamais vu sans leur tunique. Il chassa rapidement cette idée idiote pour se reconcentrer sur son hôte. Comme lors de leur précédente rencontre, c’était sa taille qui l’impressionnait le plus. Mesurant plus de deux mètres, au bas mot, il possédait quatre doigts à chaque main. Il semblait d’une maigreur extrême, drapé comme il était dans sa robe foncée. Son capuchon jetait une ombre sur son visage, en dissimulant une grande partie. Seul les yeux étaient visibles distinctement et ceux-ci paraissaient plus larges que d’ordinaire. Mis à part ce détail, son allure lui faisait penser à un moine des temps anciens. Soudain, lui vint une question, toute bête, certes, et il s’en voulut de ne pas y avoir pensé avant. De quel genre était son espèce ? Les Asari étaient une espèce féminine, les Turiens, les Humains, les Galariens, pour ne citer qu’eux, étaient soit féminin, soit masculin. Mais les Troriens ? Qu’étaient-ils ? Il regarda attentivement l’être qui le précédait et en vint à la conclusion que peut-être, son espèce était principalement masculine. Ou peut-être qu’elle n’était ni l’une ni l’autre, ou les deux, comme les escargots. Cette pensée le fit sourire. Perdu dans ses réflexions, il ne vit pas son guide s’arrêter et le percuta quelque peu.

-         -  Vous voyez cette colonne de lumière, au centre de la pièce ?

-          - Oui.

-          - Mettez-vous en son centre. Visualisez l’endroit où vous voulez vous rendre et elle vous y emmènera.

-          - Heu, d’accord !

Il se dirigea vers la source de lumière, mais arrivé devant, marqua un temps d’arrêt. Il regarda en arrière et vit son hôte lui faire un signe de tête. Il avala sa salive, ferma les yeux, prit une grande inspiration et fit un pas en avant, comme s’il s’apprêtait à sauter d’une falaise. Mais rien. Pas de sensation de chute, de vitesse, rien de tout ça. Il rouvrit les yeux et s’aperçut qu’il était à l’intérieur de la colonne. Tout autour de lui n’était qu’énergie pure. Il distinguait encore l’endroit d’où il venait, mais celui-ci était flou. Comme dans un rêve. Alors, il fit ce que lui avait dit le Trorien, ferma de nouveau les yeux et visualisa Shepard et le Normandy.

Un bruit le sortit de sa bulle. Il ouvrit les yeux et fut stupéfait, pas autant que ces coéquipiers, d’être de retour sur son vaisseau. Il regarda son poing qu’il tenait fermé depuis son départ, puis, l’ouvrant lentement, leur dévoila le mystérieux appareil.

Chapitre 5

Quelques heures plus tôt. A l’intérieur de la pyramide, Shepard, Garrus et Liara se mirent à courir. Un calme relatif était revenu mais cette secousse ne leur indiquait rien qui vaille. Le mako se tenait près du campement à environ 700 m de l’entrée de la pyramide. Shepard arriva la première à la sortie et recula vivement lorsqu’une balle lui effleura la joue. Merde, se dit-elle, encore une nouvelle cicatrice ! Tous les trois se plaquèrent contre le mur et Shepard pianota sur son omnitech afin d’envoyer une tourelle de défense faire un peu de ménage. La panique ayant gagné les assaillants se trouvant à l’extérieur, Garrus en profita pour regarder dehors.

-          Ils sont des dizaines ! Enfin, un peu moins chaque seconde, vu l’efficacité de votre engin, dit-il en ricanant.

-          Cerberus ? supposa Liara

-          Cela m’en a tout l’air, dit Shepard, qui en profita également pour jeter un œil sur le champ de bataille.

-          Shepard ? Vous m’entendez ? Répondez ! fit une voix venant de l’omnitech du commandant.

-          Joker ? C’est vous ? C’est quoi ce bordel putain ?

-          Ha, commandant. Content de vous entendre. J’ai essayé de vous prévenir. Il y a environ cinq minutes, des hommes sont apparus comme par enchantement au milieu du site  de fouille. L’un d’eux tenait quelque chose dans sa main. Un homme, leur chef probablement, a fait signe à l’un de ses hommes et une navette est arrivée sur leur position dans les secondes qui ont suivis. On était en mode camouflage donc ils ne nous ont pas repéré. Ils ont embarqué ce truc et on fait descendre des gars armés pour faciliter leur retraite.

-          Mais vous êtes où, là ? hurla Shepard, pour couvrir le bruit de la fusillade.

-          Tout près, toujours en mode furtif. On attend que ça se calme pour venir vous récupérer.

-          Vous inquiétez pas Joker, s’exclama Garrus. On a presque fini de faire le ménage ! Liara, prête pour un dernier coup ?

-          Et comment ! dit la jeune Asari avant d’envoyer une puissante onde de choc qui finit de tailler en pièce ces pauvres soldats.

-          Beau travail, vous deux ! dit Shepard. Joker ? C’est bon, vous pouvez poser le Normandy ! Et demandez à l’Alliance de venir faire le ménage. Tout ce sang sur le sable, ça fait tâche !

-          Entendu, commandant. Normandy en approche.

L’escouade de Shepard sortit de la pyramide et regarda le vaisseau atterrir avant de courir vers lui. La porte de la soute s’ouvrit et tous purent regagner son intérieur. Cortez alla récupérer le Mako stationné à quelques mètres de là, puis le Normandy put de nouveau prendre son envol.

                                                                                                  ***

Kaidan se tenait au milieu du réfectoire, là où il était apparu quelques secondes auparavant. Les quelques officiers qui étaient en train de déjeuner avaient tous la bouche ouverte, leur fourchette à la main. Il tenait dans sa main ouverte un petit objet ovale, lisse et de couleur sombre. Nul n’aurait su dire de quelle matière il était fait. La rumeur commença à enfler que le lieutenant-colonel était revenu. Liara quitta sa cabine, bientôt rejointe par Garrus, qui se trouvait au fond du couloir dans la salle des batteries principales. Le docteur Chakwas, quant à elle, arriva avec sa trousse de secours, juste au cas où.

Kaidan regardait autour de lui, se demandant encore si tout cela était bien réel. Soudain, il perdit l’équilibre et dû mettre un genou à terre pour ne pas tomber à la renverse. Il posa une de ses mains sur son front comme pour apaiser son malaise, et de l’autre, posa l’objet qu’il tenait par terre. Immédiatement, deux officiers l’aidèrent à se relever et le conduisirent à l’infirmerie. Le docteur Chakwas les suivit.

Liara et Garrus se regardèrent, se demandant mutuellement ce qui avait bien pu se passer. Il pointa alors l’objet du doigt, et les yeux de Liara semblèrent s’illuminer. Visiblement, elle ne l’avait pas remarqué jusqu’ici. Elle courut le ramasser pour pouvoir l’étudier dans sa cabine. Soudain, elle s’arrêta et regarda autour d’elle.

-          Où est Shepard ? demanda-t-elle. Je pensais qu’elle serait la première à arriver sur les lieux.

-          Je ne sais pas, répondit-il. Mais c’est curieux, en effet. Qu’est-ce que c’est d’après toi ? lui demanda-t-il en pointant l’objet du doigt.

-          Je ne sais pas. Kaidan pourra sûrement nous en dire plus. Mais en attendant, je vais voir ce que je peux en faire.

-          Oui, et bien moi, je vais voir si je peux trouver Shepard.

Tous deux se séparèrent et Liara entra dans sa cabine. Elle se dirigea vers son bureau et appuya sur l’intercom.

-          Javik ? Vous avez une minute ?

-          (Quelques secondes plus tard) Oui Liara ? Que puis-je faire pour vous êtes agréable ?

-          Kaidan est réapparut avec un objet assez étran…

-          … Quoi ? Kaidan est revenu ? Pourquoi ne m’a-t-on pas prévenu ? s’exclama-t-il en lui coupant la parole. Où est-il ?

-          Heu, à l’infirmerie, pour le moment. Mais il faut que je vous parle de ce qu’il a ramené.

-          Soit. De quoi s’agit-il ?

-          C’est un objet ancien, de forme ovale et de couleur sombre. Il est lisse au toucher et il tient dans la main. En fait, on dirait un galet, comme il y en a près de l’eau.

-          Etrange. Je n’ai jamais rien vu, ni entendu parler de quoi que ce soit qui ressemble à cette description.

-          Javik, vous pourriez venir voir ?

-          Bien sûr Liara. J’arrive tout de suite.                 

                                                                                                                ***

Garrus quitta Liara et se dirigea vers le pont supérieur, là se trouvait la passerelle. En sortant de l’ascenseur, il remarqua que Shepard n’était pas à son poste habituel, devant la carte interstellaire. Mais il eut beau balayer l’endroit du regard, il ne la vit nulle part. Voyant qu’il cherchait quelqu’un, l’officier Traynor quitta sa console pour se rapprocher de lui.

 

-          Vous cherchez quelqu’un ? lui demanda-t-elle en souriant.

-          Heu, oui, Shepard. Je pensais qu’elle serait venue rapidement après le retour d’Alenko.

-          Quoi ? Le lieutenant-colonel est revenu ?

-          C’est moi ou les communications passent mal aujourd’hui ?

-          Désolée. On a eu une panne des systèmes de communications et personne n’est venu ici depuis plusieurs heures. Cela n’a duré qu’une minute mais on ne sait toujours pas ce qui a bien pu la provoquer.

-          Alenko.

-          Quoi ?

-          C’est la faute à Kaidan. Ça correspond au moment où il est apparu dans le mess. Où est Shepard ? Elle doit savoir qu’il est revenu.

-          Heu, bien sûr, oui. Elle s’entretient avec l’Amiral Hackett dans la salle de visio- conférence.

Sur ces mots, elle tourna les talons et retourna devant sa console. Garrus, quant à lui, se dirigea vers le centre de commandement où se trouvait la salle de visio. Comme le lui avait annoncé Traynor, elle était en effet en grande conversation avec l’amiral.

-          …comprendre ce qui s’est passé !

-          Bien sûr Amiral. Petrosky s’est emparé de quelque chose, et il faut qu’on sache de quoi il s’agit.

-          Oui. Une nouvelle arme, dans des mains aussi mal intentionnées pourrait voir revenir la guerre. Et aucun d’entre nous ne veut cela, n’est-ce pas ?

-          Hum, hum, fit Garrus en se raclant la gorge. Si je puis me permettre de vous interrompre, je ne crois pas que ce soit une arme.

-          Ha ? Et, qu’est-ce qui vous fait dire cela ? demanda l’amiral à Garrus.

-          Kaidan.

-          Kaidan ? fit Shepard dubitative. Qu’est-ce qu’il a à voir là-dedans ? On ne sait même pas où il se trouve en ce moment…

-          …A l’infirmerie !

-          Oui, il peut être n’importe où !

-          Non, mais il est réellement à l’infirmerie.

-          Hein ? Mais comment ?

-          Shepard, demanda l’amiral Hackett. Allez voir de quoi il retourne, et tenez moi au courant. Hackett, terminé.

-          Shepard, venez avec moi. Kaidan est revenu. Et il avait le même appareil dans la main que celui qu’a volé Petrovsky !

-          Je vous suis !

Ils reprirent l’ascenseur pour descendre au niveau des quartiers d’habitation. De là, ils se dirigèrent vers l’infirmerie, où le docteur Chakwas était en train d’examiner le lieutenant-colonel.

-          Kaidan ! s’exclama Shepard en s’approchant de lui. Tu peux te vanter de nous avoir fait peur. On était tous mort d’inquiétude. Mais où étais-tu ? Tu as disparu si soudainement !

-          Content de vous revoir aussi ! dit-il en regardant autour de lui. Surtout que je n’étais pas sûr de pouvoir revenir ! C’est que j’ai failli mourir vous savez !

-          Je suis sûr qu’il exagère, comme d’habitude, ironisa Garrus. On sait tous que vous êtes increvable !

-          Et pourtant, reprit le docteur Chakwas. Ses analyses montrent un taux élevé de poison dans les tissus. Ils montrent également une substance qui a eu pour effet de stopper la toxine.

-          C’est exact, docteur ! Les Troriens m’ont sauvé la vie. Nous leur sommes donc redevables.

-          Les Troriens, répéta Shepard pour elle-même. Je croyais qu’ils étaient partis pour de bon.

-          Un signal les a alerté qu’il se passait quelque chose dans la pyramide, leur expliqua Kaidan. Alors ils sont venus voir.

-          Logique, dit Garrus. Et l’objet que vous aviez dans la main, il sert à quoi ? questionna-t-il.

-          C’est un téléporteur. Il peut nous amener où l’on veut. Il fonctionne par la pensée. Les hommes de Petrovsky ou Petrovsky lui-même, l’ont activé par accident. Ils ont dû le voler aux archéologues.

-          C’est comme ça qu’ils se sont échappés de la pyramide ! dit Shepard.

-          Bon, c’est bien joli tout ça, mais on fait quoi concrètement ? questionna Garrus. On ne peut pas décemment leur laisser le téléporteur ! Ce serait trop dangereux !

-          En effet, acquiesça Shepard. Il nous faut le récupérer !

-          Chouette, dit Garrus. Il va y avoir de la baston !

-          Docteur, Kaidan est prêt à reprendre du service ? demanda Shepard.

-          Oui, tout à fait. Mais qu’il se ménage tout de même !

-          Merci docteur, dit Kaidan. Je ferai attention à ne pas me mettre dans le pétrin cette fois.

-          Allez, tout le monde, déclara Shepard. En salle de conférence. On a une bataille à préparer.

-          Oui, chef ! répondirent Garrus et Kaidan d’une même voix.

                                                                                                              ***

Liara se tenait devant sa console. Elle cherchait des informations dans sa base de données et ses recherches, sur la présence des Troriens en Egypte à l’époque de la construction des pyramides, mais cela ne donnait rien. Les Egyptiens vénéraient bien des dieux, comme son peuple vénérait la déesse Atamé, mais ceux-là ne ressemblaient en rien aux Troriens, contrairement à leur déesse qui ressemblait à un Prothéen. Mais peut être que cela venait du fait de leur nature propre ? Ils aimaient diriger les races moins avancées et ne s’en cachaient pas. Elle en était là de ces réflexions lorsque Javik arriva.

-          Entrez Javik ! Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, j’aimerai m’entretenir de quelque chose avec vous.

-          De quoi s’agit-il ?

-          J’essaie de comprendre l’implication des Troriens dans le développement de la civilisation humaine.

-          Ha, je pensais que vous vouliez me parler de cet objet qu’a ramené Kaidan.

-          Oui, aussi. Mais quelque chose m’intrigue. Lorsque votre peuple nous a aidé à évoluer sur Thessia, il est resté des preuves de votre passage, comme les statues par exemple ou certains documents écrits dans votre langue. Je ne trouve rien d’identique sur Terre. Rien ne laisse penser que les Troriens ont un jour aidé les humains.

-          Et ces inscriptions étranges sur les murs de la pyramide ?

-          Des hiéroglyphes et…oui, dit-elle le regard brillant, ces symboles étranges ! Du trorien, sans nul doute.

-          Les Troriens ne voulaient pas être découverts, ils n’ont donc pas dû crier haut et fort qu’ils étaient là. Mais toute civilisation laisse des traces, même sous forme de mythe.

-          Comme les Moissonneurs. Ils n’étaient qu’un mythe avant Saren et Sovereign, pensa Liara à haute voix.

-          Voyez de ce côté-là. Il doit bien exister des légendes dans ce monde. Nous les avons trouvé sous l’eau, c’est peut être un point de départ. Après, en ce qui concerne les dieux que les humains vénéraient, peut-être qu’ils peuvent changer de forme. Qui sait, avec eux, tout est possible, ironisa Javik.

-          Et si nous changions de sujet ? Regardez cet objet, lui dit-elle en montrant du doigt le téléporteur.

-          C’est ce que tenait le lieutenant lors de son retour ?

-          Exactement. Ça vous dit quelque chose ?

-          Non, rien. Désolé. Lorsque mon peuple à évolué sur ma planète d’origine, il ne restait déjà presque plus rien des vestiges de la civilisation précédente. Il s’était quand même écoulé des milliers d’années et les Moissonneurs n’avaient pas fait dans le détail lors de leur précédent passage. Nous ne sommes pas partis de zéro, mais quand même.

-          Bon. Nous devrons trouver seuls les réponses à nos questions. Au moins, Kaidan sait le faire fonctionner.

-          Et si nous allions le voir ? Je suis curieux.

Alors qu’ils s’approchaient de l’infirmerie, Liara et Javik furent surpris de voir en sortir Shepard, Kaidan et Garrus. Ces derniers leur expliquèrent la situation et tous se rendirent en salle de débriefing.

-          Traynor, demanda Shepard après avoir activé son omnitech, faites monter tout le monde s’il vous plaît.

-          A vos ordres commandant.

 Chapitre 6 :


Aria T’Locke se prélassait dans son bain lorsque quelqu’un frappa à la porte. N’aimant pas être dérangée, elle pensa un instant à renvoyer ce cloporte qui osait l’importuner pendant son moment de détente puis se ravisa. Elle voulait d’abord entendre ce qu’il avait à dire avant d’entreprendre quoi que ce soit. Entrez !, dit-elle. Son homme de main et second, Krank, entrouvrit la porte, juste assez pour pouvoir parler à sa maîtresse sans pour autant la voir.

-          Chef, excusez-moi de vous déranger mais nous venons de recevoir un message de Petrovsky.

La reine pirate se redressa. Après tout ce temps, ce dernier daignait enfin lui répondre. Attendez-moi dans mes quartiers. J’arrive dans une minute, lui dit-elle. Elle prit la serviette posée près de la baignoire, l’enroula autour d’elle et sortit de l’eau. Elle s’habilla rapidement puis se dirigea vers sa salle de réunion où l’attendait son second. Il faisait sombre, le faible éclairage ne permettant pas de distinguer tout ce qui se trouvait dans la pièce. Elle reconnut cependant l’immense silhouette de Krank, postée près d’un siège. Il la salua lors de son entrée et ne prit place qu’une fois Aria installée. Il appuya alors sur un bouton et l’hologramme de Petrovsky apparut au centre de la table. Son message raisonna dans toute la pièce.

-          Aria T'loak, bonjour. Oleg Petrovsky. J'ai bien reçu votre message et je pense qu'il serait en effet opportun de faire front commun contre cette empêcheuse de tourner en rond. Quand pourrons-nous nous rencontrer ? Il y a également quelque chose dont je souhaiterai vous parler. Fixez une date et nous parlerons business.

Une fois le message terminé, le holo s’éteignit et la pénombre revint dans la pièce. Après quelques minutes de silence, Aria prit la parole.

-          Bien, dit-elle. Il accepte de me rencontrer. Maintenant, essayons de trouver un terrain neutre, histoire qu’il n’essaie pas de m’entuber. Krank, tu viendras avec moi. Il me faudra quelqu’un pour couvrir mes arrières au cas où.

-          Bien chef. Quand voulez-vous le rencontrer ?

-          Eh bien, reprit-elle. Il n’habite pas la porte à côté. Mais le plus tôt sera le mieux. Notre navette est-elle opérationnelle ?

-          Oui, madame. Les hommes viennent de finir son entretien. Nous pouvons la prendre dès maintenant, répondit le krogan.

-          Vu l’heure qu’il est, j’attendrai demain. En attendant, va me faire à manger. Et un truc bon, pour une fois, dit-elle pour elle-même plus que pour son homme de main. Je te rejoins dès que j’ai terminé ici.

-          Bien madame.

Sur ces mots, il se leva et quitta la pièce. Aria appuya sur le bouton de l’intercom et appela Pitney For. La ligne grésilla un moment puis le petit Volus apparut.

-          Aria ? bégaya-t-il. Que me vaut cet honneur ? Je vous ai dit tout ce que je savais.

-          Du calme, lâcha-t-elle prestement. J’ai besoin de joindre Petrovsky de toute urgence. Tu peux me trouver ses données personnelles ?

-          Heu, bégaya-t-il, oui je peux vous les trouver. Il vous les faut pour quand ?

-          Le plus vite possible. Et si ça peut t’aider à chercher plus vite, je veux bien te payer 1000 crédits.

-          Vous m’en devez beaucoup plus, dit-il dans ses dents.

-          Pardon ? Je n’ai pas bien entendu, lâcha-t-elle

-          Je disais, bien sûr, Aria. Vous êtes si généreuse, comment ne pas vous rendre service rapidement ? déclara-t-il. L’espace d’un instant, il y eut un blanc, pendant lequel elle entendit le cliquetis des touches sur un clavier, puis la respiration sifflante du Volus se fit de nouveau entendre. J’ai trouvé, déclara-t-il.  Je vous les envoie tout de suite.

-          Merci. Ce sera tout, dit-elle en coupant net à la conversation.

Elle entra les coordonnées dans sa console et après un blanc de quelques secondes, l’hologramme de Petrovsky apparut enfin.

-          Qui ose me déranger ainsi ? hurla-t-il, avant de se rendre compte à qui il avait affaire. Aria ? Co…comment vous avez…

-          Assez de bavardage, lui répondit-elle d’un geste de la main. Vous vouliez me voir et bien c’est le cas.

-          Je pensais plutôt à un entretien en face à face.

-          Pour cela il aurait fallu me donner des coordonnées géographiques, dit-elle passablement énervée. Bon, reprit-elle plus calmement. Il nous faut un endroit neutre et vous devrez venir seul.

-          Vous me croyez donc si naïf ? Ça pourrait être un piège ! Après tout, c’est vous qui avez insisté pour me voir, soi-disant pour combattre Shepard à vos côtés. Mais peut être que tout ceci n’était qu’un prétexte fallacieux pour pouvoir vous venger, dit-il calmement.

-          Soit, dit-elle. Vous avez raison. Je vous tends peut être un piège. Mais pour le savoir, il faudrait qu’on se rencontre. Après tout, peut-être suis-je honnête avec vous. Imaginez si nous mettions nos forces en commun pour vaincre une ennemie commune ?, lâcha-t-elle. Et puis, il me semble, à en croire votre message, que vous vouliez aussi me demander quelque chose. Ce serait donnant donnant, comme vous dites ici. Alors Petrovsky, vous en pensez quoi ? Vous prenez le risque ?

Oleg Petrovsky réfléchit une seconde afin de peser le pour et le contre. Il devait bien admettre, qu’à eux deux, ils seraient plus fort et que si l’envie lui prenait de le doubler, elle le paierait de sa vie. Même s’il n’était pas chose aisée de supprimer une Asari aussi puissante que la reine pirate. Qu’à cela ne tienne, il était joueur et accepterait ce défi.

-          C’est d’accord. Je vous envoie les coordonnées. L’endroit se situe dans le Dakota du Sud, au pied du mont Rushmore. Je vous attendrai demain après-midi. Ne soyez pas en retard. Et pas d’entourloupes, dit-il avant de couper net à la conversation.

***

Shepard faisait les cent pas. Tout le monde était présent à l’exception de James. Elle avait bien interrogé Liara à ce sujet, mais celle-ci n’en savait pas plus qu’elle. N’en pouvant plus d’attendre, elle décida de commencer la réunion sans lui.

-          Bon, si je vous ai tous fait venir, c’est parce que nous avons des choses importantes à faire, commença Shepard. Comme vous pouvez le constater, le lieutenant-colonel Alenko nous a rejoint, grâce à un téléporteur. Ce serait une excellente découverte si Cerberus n’en possédait pas un également. Il va sans dire qu’il est extrêmement dangereux pour l’humanité et la galaxie toute entière qu’une telle organisation puisse se rendre où elle veut, quand elle le veut. Heureusement pour nous, pour le moment, ils ne savent pas l’utiliser. Mais il y a fort à parier que leurs scientifiques travaillent dessus sans relâche, nuit et jour. Et nous savons la pression que met Cerberus sur ses employés. Ce n’est donc qu’une question de temps avant qu’ils ne sachent l’utiliser. Il semblerait également, d’après les informations que lui ont donné les Trorien, qu’ils aient aussi dérobé un parchemin très ancien.

-          Shepard, commença Garrus. Vous ne songez tout de même pas à prendre d’assaut la base de Cerberus ? On ne sait même pas où elle se trouve.

-          Je peux la trouver. J’ai encore des informateurs efficaces, même si le réseau du Courtier n’est plus aussi étendue qu’avant, fit remarquer Liara.

-          Ce ne sera pas nécessaire, lâcha James qui venait de faire irruption dans la pièce. Tout le monde se tourna vers lui, et Shepard lui lança un regard noir, qu’il ne lui connaissait pas. Du calme, Lola, j’ai une excellente raison d’être en retard, dit-il.

-          J’espère James. Et cette raison, c’est…, déclara-t-elle, laissant sa phrase en suspens.

-          J’ai une taupe chez Cerberus. Elle peut nous fournir les plans de la base si je lui demande. Et sa localisation. J’étais justement en train de communiquer avec elle.

-          Je vois, dit Shepard. Je ne veux pas savoir comment ni pourquoi vous avez connaissance d’une taupe chez Cerberus mais je veux bien connaître son emplacement. Vous êtes sûr qu’on peut lui faire confiance ?

-          Oui m’dam, répondit James calmement. Je vais la contacter de ce pas.

-          Très bien, lui répondit-elle avant de se tourner vers les autres. Il nous faut mettre en place un plan d’action. Connaître l’emplacement de la base constitue la première étape. La deuxième est de savoir comment on va s’infiltrer et qui participera à l’action.

Tous se regardaient pour savoir qui leur chef allait choisir. Il est vrai que par le passé, rare étaient les missions où ils avaient tous participé. Et cela créait toujours un malaise au sein de l’équipe.

-          Maintenant, le sujet qui fâche, ironisa Tali. Qui allez-vous prendre pour cette mission ?

-          Je n’y ai pas encore réfléchi, avoua Shepard. Des volontaires ?

-          Et pourquoi pas un tirage au sort ? demanda Kaidan, non sans humour.

-          Attendons de voir ce que va nous dire James, et après on avisera, tenta timidement Tali. On ne connaît même pas la taille de la base. Si ça se trouve, on n’aura besoin de plus de trois personnes.

-          La voix de la sagesse, répondit Garrus. Vous en pensez quoi Shepard ?

-          Ce n’est pas une mauvaise idée. Attendons alors. Rompez ! leur dit-elle, avant que tous ne retournent vaquer à leurs occupations respectives.

***

Le Centre des Opérations d’Urgence du Mont Weather, où se terrait Oleg Petrovsky se trouvait près d’une petite ville de Virginie, dans les montagnes bleues. Il avait été créé par l’armée au XXème siècle pour servir de refuge aux membres du gouvernement en cas de catastrophe, dans le cadre du plan de continuité des opérations et avait notamment servi lors des attentats du 11 septembre 2001. Depuis, il n’avait été utilisé qu’en de rares occasions, comme pendant la guerre du premier contact ou plus récemment, lors de l’invasion des Moissonneurs. Véritable forteresse de pierres et de roches, ce complexe ne possédait pas moins de sept niveaux, tous gardés par un commando armé de Cerberus. C’est à ce dernier niveau que se trouvait le bureau de leur chef. Petrovsky en sortit passablement énervé et c’est à peine s’il salua les gardes qui couvraient l’ascenseur en y entrant. A cause de Sa majesté Aria, il était obligé de se taper 2400 km dans la journée de demain. Ah, si on m’avait dit que ma journée se finirait comme ça, songea-t-il. Au vu de l’heure qu’il était, il se dirigea vers le sixième niveau, là où se trouvait son appartement. Il demanda aux cuisines de lui préparer son repas et alla prendre une douche. Il avait prévu de se coucher tôt pour affronter sereinement la journée de demain.

Le personnel scientifique de la base étant rentré chez lui au cinquième niveau et les laboratoires du troisième étaient plongés dans le noir. Les gardes postés à l’entrée de l’ascenseur discutaient tranquillement, tout en visionnant un holo sur leur omnitech. Absorbés par leurs occupations, ils ne remarquèrent pas la silhouette qui se faufilait de bureau en bureau afin de ne pas attirer l’attention. Tel un chat, elle se déplaçait furtivement, longeant les murs pour ne pas se faire voir. Arrivée dans le quatrième bureau, et une fois certaine qu’ils ne pouvaient pas la voir, elle alluma un ordinateur et téléchargea des données. Une fois son méfait accomplie, elle l’éteignit. Alors qu’elle était sur le point de refaire le chemin dans le sens inverse, elle entendit quelque chose. L’un des gardes s’était mis en mouvement. Merde, se dit-elle, s’il vient par ici, je suis foutue. Parker va me le payer. Il m’avait assuré que les gardes ne faisaient pas de ronde, car trop sûrs d’eux. Enervée mais pas désespérée pour autant, elle se fit encore plus discrète. Elle entendit les pas se rapprocher, s’arrêter devant la porte du bureau puis repartir. Elle se rendit compte alors qu’elle avait arrêté de respirer et pris une profonde inspiration. En sortant de sa cachette, elle fit rouler par mégarde une chaise, qui alla percuter une armoire métallique. Cela eut pour conséquence de faire revenir le garde et elle alla de nouveau se cacher sous la table.

-          Hé, t’as entendu ça ? demanda le type à son collègue, qui n’avait pas bougé de son poste.

-          De quel bruit tu parles ?

-          Ça venait de ce bureau ! Je te dis qu’il y a quelque chose de pas claire dans cette histoire, renchérit-il.

-          Peut-être un rat. J’en ai vu un l’autre jour, il grignotait les restes dans une des poubelles des cuisines.

-          Sérieux ? Et t’as rien dit ? Tu sais quels genres de maladies ça amènent les rats ? dit-il, profondément choqué.

Abasourdi parce qu’il venait d’entendre, il retourna à son poste de surveillance afin de continuer cette discussion avec son collègue. Soulagée, elle fit en sorte, cette fois, de ne toucher à rien et c’est en longeant les murs qu’elle retourna dans le premier bureau. Elle ouvrit alors la trappe qui menait au conduit d’aération et s’y faufila, au nez et à la barbe des gardes, qui ne s’étaient rendu compte de rien.

Après avoir rampé un moment au milieu des poussières et des saletés, elle réapparut au cinquième niveau, dans la cuisine de son appartement. James, dit-elle en regardant la boîte qui contenait les données, tu vas être fier de moi. Elle la déposa dans un placard secret puis alla prendre une douche. Elle enverrait les données plus tard. Sa journée était enfin terminée.

Chapitre 7

Une mélodie retentit dans le vaisseau. Joker avait décidé depuis peu de réveiller l'équipage en musique. Il trouvait ça plus sympa. Dans ses quartiers, Shepard ouvrit les yeux avec difficulté. Il faut dire qu'elle avait passé la nuit avec Kaidan et qu'elle n'avait pas beaucoup dormi. Elle se tourna vers lui, prit appui sur son bras et de l'autre commença à lui caresser doucement le visage pour le réveiller. Il fit des petits bruits de mécontentement mais finit tout de même par ouvrir les yeux à son tour.

  

-          Shepard ?, demanda-t-il, du sommeil dans la voix. Quelle heure il est ?

-          L'heure d'aller au mess et d'entamer la journée. Tu n'as pas entendue la jolie musique que Joker a diffusé dans les hauts parleurs ?

-          C'était donc ça ce bruit. Je croyais que c'était dans mon rêve.

-          Allez, debout. On a une grosse journée aujourd'hui. Je veux savoir si James a des nouvelles pour nous.

-          Tu veux dire, de sa taupe ?

Tous deux se levèrent et allèrent prendre leur douche ensemble. Puis, ils s’habillèrent et descendirent au mess pour prendre leur petit déjeuner. L'équipe était déjà là, à les attendre. Ils prirent une chaise et se mêlèrent à la conversation.

-          Alors, James, demanda Shepard entre deux bouchées, des nouvelles de votre taupe ?

-          Justement, ça me plaisir que vous me demandiez ça. J'ai reçu des informations ce matin, de bonne heure.

-          Et ?

-          Vous allez être ravie. Je sais où se planque Cerberus. Vous connaissez le Mont Weather ?

-          Comme tout le monde. C'est une base secrète qui a servi pendant l'invasion des Moissonneurs.

-          Exact. Petrovski a profité du chaos général qui régnait après leur défaite pour récupérer la base pour son organisation.

-          Je vois. D'autres informations qui pourraient nous être utile ?

-          Comme l'emplacement de son bureau par exemple ?, demanda James avec un brin de malice dans la voix.

-          Oui, quelque chose dans ce genre-là.

-          Au septième niveau, répondit-il fièrement. Et j'ai aussi le plan de sa base, le nombre de gardes armés, et tout ce qu'il faut savoir sur son personnel.

-          Ouah, répondit Shepard, visiblement impressionnée. Votre taupe n'a pas chômé.

-          Mais qu'est-ce qui nous dit qu'on peut lui faire confiance ?, demanda Liara. Il se pourrait que ce soit un piège et dans ce cas-là, on foncerait tout droit dans les pattes du loup !

-          Sa gueule, Liara, intervient Kaidan.

-          Hé !, s'exclama Liara, visiblement choquée. Pourquoi tu me dit « ta gueule » ?

-          Non, pas « ta gueule », lui répondit Kaidan en riant, SA gueule. L'expression c'est « dans la gueule du loup ».

-          Oh, je vois, répondit-elle. Désolée. J'ai encore du mal avec vos expressions.

-          Liara a raison, intervient à son tour Garrus. Vous êtes sûr qu'on peut lui faire confiance ? Ce ne serait pas la première fois que quelqu'un joue double jeu avec nous. N'est-ce pas Shepard ?

-          Vous seriez gentil de ne plus me parler de ce clone pathétique et de son bras droit !, déclara-t-elle, faussement outrée. Mais vous marquez un point tous les deux. James, vous êtes sûr de vous ? On peut lui faire confiance ?

-          Affirmatif Lola, dit-il solennellement. J'en mettrai ma main à couper. Jamais je ne mettrai la vie de l'équipe en danger si je n'étais pas sûr de sa loyauté.

-          Très bien, on vous fait confiance. Si vous avez terminé de déjeuner, direction la salle de réunion. Nous avons des plans à examiner !

-          Bien, chef !, dirent-ils tous en chœur, avant de se lever et de se diriger vers la salle de briefing.

                                                                       ***

Aria se leva de bonne heure. Elle devait préparer ses affaires avant de retrouver Petrovski dans l'après-midi. Le Mont Rushmore se situait à 2054 km de là où elle se trouvait, soit environ 10h de voyage. Krank était un bon mécanicien et avait quelque peu modifié la navette UT-47 fauchée à l'Alliance pour qu'elle puisse voler à 200km/h. Ils seraient donc à l'heure au rendez-vous, s'ils ne traînaient pas en route. Vers 8h, Aria se dirigea vers l'endroit où était garée la navette et vit Krank en train de terminer les derniers préparatifs.

-          On peut y aller ?

-          Oui, tout est prêt. Si on part maintenant, on pourra arriver avant Petrovski.

-          Bien ! En route !

La navette décolla, prit de la hauteur, et partie en direction du Dakota du Sud, aux Etats Unis. Le ciel était dégagé et peu de véhicules se trouvaient dans les airs.

                                                                       ***

Liara alluma la machine holographique qui se trouvait au milieu de la pièce de débriefing, afficha les plans en coupe du Mont Weather dérobés par leur nouvel allié et alla s’asseoir, bientôt imitée par Garrus et les autres. Shepard s’assit également pour laisser le soin à James d’expliquer les images qu’ils avaient devant les yeux.

Le bâtiment sous terrain comptait sept niveaux. Le premier, celui se trouvant sous la surface, et le plus facile d’accès, abritait le hangar à navettes. Au second niveau se trouvait les cuisines et le réfectoire. Les bureaux se situaient au troisième et les laboratoires au quatrième. Les appartements du personnel étaient au cinquième et celui de Petrovski au sixième. Enfin, au septième et dernier niveau, le plus loin sous la surface de la terre, se trouvait le bureau du nouveau chef de Cerberus. Après avoir laissé ses camarades contempler le plan en trois dimension, James prit la parole.

-          On va pas se mentir les gars ! dit-il, ça risque de chauffer pour arriver jusqu’à ce loco de Petrovski. Il y a des gardes à tous les étages, et ils seront sûrement lourdement armés. Même si le catalyseur a détruit leurs implants cybernétiques, ils restent dangereux.

-          James a raison. Il va falloir privilégier l’infiltration à l’attaque frontale, déclara Shepard. Votre source peut-elle nous ouvrir les portes de l’intérieur sans se mettre en danger ?

-          Je ne sais pas Lola. Il faudrait que je lui demande. Si elle grille sa couverture, Petrovski lui fera pas de cadeaux !

-          Certes, déclara Jaavik. Chez Cerberus, ils n’ont pas l’air d’être du genre à aimer les traîtres. Mais c’est sûrement notre seule chance de nous introduire sans nous faire repérer.

-          Bien ! James, je vous laisse le soin de contacter votre taupe. En fonction de ce qu’elle décidera, nous mettrons au point notre mission d’infiltration. Tali, jetez un œil aux informations qu’on a reçu. Qu’on sache exactement où l’on va mettre les pieds.

-          Bien Shepard !

-          Les autres, rompez !

                                                                       ***

Le paysage défilait sous les yeux d’Aria. Cela faisait déjà plusieurs heures qu’ils étaient en vol et elle commençait à trouver le temps long. Pour ne rien arranger, Krank s’était mis à fredonner une chanson guerrière qu’il avait apprise sur Tuchanka et elle était à deux doigts de le faire passer par-dessus bord. Elle ferma les yeux un instant pour essayer de se concentrer sur son rendez-vous puis n’y tint plus et donna un coup au Krogan.

-          Krank, par pitié, arrête de fredonner. Tu me donnes envie de t’arracher la langue et de me faire une écharpe avec !

-          Désolée, Aria, dit-il de sa voix rauque. C’était pour nous donner de l’entrain !

-          Oui, ben fais-moi plaisir, chante dans ta tête ! On est encore loin ?

-          On survole le Dakota du nord en ce moment. Encore quelques heures et on sera arrivé !

-          Par la déesse, que c’est long !

-          Je peux vous apprendre la chanson si vous voulez.

-          La ferme, Krank !

                                                           ***

De son côté, Oleg Petrovski était également en route. Il survolait à cet instant précis, l’Illinois. Contrairement à Aria, qui n’avait que son Krogan et ses pouvoirs pour se protéger, lui avait choisi d’emmener un commando lourdement armé, caché dans la soute de sa navette. Il savait à qui il avait affaire, et il ne voulait prendre aucun risque. Ce n’était pas un hasard s’il était toujours en vie. S’il n’avait pas été arrêté par l’Alliance, Aria l’aurait achevé pour avoir voulu lui voler Oméga. Et même si pour le moment ils avaient un projet en commun, il doutait sérieusement qu’elle le laisse s’en aller tranquillement une fois la mission achevée. Elle n’était pas connue pour sa clémence légendaire. Il espérait cependant qu’elle lui en dise plus sur l’objet qu’il détenait. Ses scientifiques avaient fait chou blanc et il voulait avoir des réponses. Il n’en dormait plus la nuit. Il savait ce qu’il faisait, qu’il appartenait à une race extra-terrestre encore inconnue mais ne savais pas comment l’activer. Il jeta un rapide coup d’œil sur la boîte dans laquelle était enfermé l’objet puis reporta son attention sur le paysage qui défilait devant lui. Le GPS indiquait qu’il lui restait encore un état à traverser avant d’arriver dans le Dakota du Sud. Bien, se dit-il, je serais à l’heure au rendez-vous.

                                                           ***     

Shepard se rendit dans les quartiers de Tali pour voir si la Quarienne avait du nouveau. Son espèce était connue pour ses compétences technologiques et son amie avait de grandes capacités dans ce domaine. Elle la trouva attablée devant son ordinateur, visiblement contrariée, à en juger par les jurons qu’elle proférait, étant donné que sa combinaison ne laissait pas transparaître ses expressions faciales.

-          Bosh’tet ! Certaines données sont cryptées. James a réussi à avoir les informations en surface. Mais celles qui nous intéressent réellement, à savoir les données propres à l’appareil des Trorien, se trouve sous la partie visible de l’iceberg.

-          C’est un souci ?

-          Vous me connaissez Shepard ! J’ai plus d’un tour dans mon sac ! Laissez-moi quelques heures et ce sera bon.

-          Ok. Travaillez bien alors.

Elle retourna dans le couloir, prit l’ascenseur et descendit dans la soute pour voir James. Comme à son habitude, il était en train de s’entrainer à la boxe sur un sac de sable attaché grossièrement au plafond.


  •        Hé James, lui dit-elle, se mettant en position de combat. Du nouveau ? Vous avez réussi à joindre votre taupe ?
  •       Affirmatif Lola, répondit-il en changeant d’adversaire et en lui décochant un crochet du droit, qu’elle arrêta facilement. Elle nous demande de la prévenir lorsqu’on sera prêt à entrer. Elle fera une diversion à ce moment-là. Elle m’a aussi dit que Petrovski était sorti régler une affaire urgence loin de là et qu’il ne rentrerait pas de sitôt.
  •        Ok, cool, dit-elle en haletant. Une idée de cette mission urgente ? demanda-t-elle en répliquant avec un crochet du gauche.
  •        Non, Lola, aucune idée, lui répondit-il en esquivant son attaque. Mais il était énervé, à ce qu’elle m’a dit.
  •        Bien ! Fin de l’entraînement pour moi soldat ! dit-elle en retournant à l’ascenseur. J’ai des choses à faire !
  •        Ok, Lola. A plus tard ! lui dit-il en retournant à son sac de sable.
  • Qu’est-ce que tu traficotes Petrovski, se demanda-t-elle intérieurement. Ça sent pas bon, ça, pas bon du tout. Elle appuya sur le bouton de l’ascenseur et attendit. Qu’est-ce qu’il est long, se dit-elle. Quand enfin il arriva à son niveau, elle y prit place et retourna dans ses quartiers pour prendre une douche. Cet entraînement improvisé l’avait fait transpirer plus qu’elle ne l’aurait imaginé.

    Chapitre 8

    Le haut-parleur grésilla. « Tous au centre de combat et d’information, l’Amiral veut vous parler ! Joker, terminé. »

    Terminant ce qu’ils étaient en train de faire, l’équipe au complet se dirigea prestement vers le point de rassemblement. Shepard était déjà là, discutant avec Samantha.


  •       Bien, vous êtes tous là, dit Shepard en se tournant vers ses amis. Tali n’a pas encore réussi à déchiffrer toutes les données mais avec l’aide de James, on peut déjà définir un angle d’attaque. Nous ne savons certes pas ce que Cerberus sait du téléporteur mais on sait où il se trouve. La taupe de James nous ouvrira le hangar à navettes lorsque nous lui donnerons le signal. Nous entrerons nous poser et si tout se passe bien, il n’y aura pas d’affrontement à ce niveau-là. En effet, le hangar devrait être vide à ce moment-là, son amie ayant fait une diversion. Toujours si tout se passe bien, nous devrions trouver des uniformes de Cerberus, afin de nous fondre dans la masse. Les deuxième et troisième niveaux ne posent pas de difficultés particulières. Non, on devrait commencer à trouver de la résistance au quatrième niveau, celui des laboratoires. Ils risquent d’être lourdement armés puisque c’est là que Cerberus cache ses petits secrets. C’est pour cela qu’on va opérer par équipe de trois. Pendant qu’une équipe s’occupera de sécuriser le quatrième niveau, les deux autres se fraieront un passage vers les cinquième et sixième niveaux. C’est là qu’on se regroupera tous pour aller ensemble au septième et dernier niveau, celui où se trouve le bureau de Petrovski. Ce dernier étant absent, il a dû renforcer les défenses dans sa base.
  •       Comme au bon vieux temps !, déclara Garrus avec entrain.
  •      Très bien, mais si ça tourne mal, il nous faut une solution de repli. Comment on fera pour remonter à la surface si on est coincé en bas ? demanda Kaidan.
  •       Merci de poser la question. Une dernière équipe restera dans le hangar, d’une part pour surveiller que Petrovski ne revienne pas à l’improviste et d’autre part pour faire une diversion si jamais ça tourne mal. Elle devra faire évacuer la base pour nous permettre de nous échapper. Le SR2 nous attendra quelques kilomètres plus loin, canons sortis, si d’aventure il leur prenait de nous suivre jusque-là ! Joker, demanda-telle, on est où là ?
    •       On est stationné quelque part au-dessus de l’océan atlantique, Amiral, non loin des côtes américaines. On peut être au Mont Weather dans quelques heures!
    •        Merci Joker, tenez nous au courant. Bien, si tout le monde est prêt, je vais énoncer les équipes. Une fois les trois premiers niveaux nettoyés, Kaidan, Jaavik et Liara, vous vous dirigerez vers les laboratoires ; Garrus,  Wrex et moi-même nous sécuriserons le cinquième niveau. Gavin, Meunier et Sherman vous vous occuperez du sixième. Et s’il n’y a pas trop de casse de notre côté, nous prendrons d’assaut le bureau de Petrovski. Il doit sûrement avoir des petits secrets bien gardés dans son ordinateur personnel.
    •        Et moi, demanda Tali, visiblement vexée. Vous n’allez pas recommencer à me laisser de côté ?
    •       Non, bien sûr. J’avais dans l’idée que vous resteriez ici pour finir de décrypter les données, lui répondit-elle.
    •       Bon, ok pour cette fois. Liara, si vous trouvez une clé de décryptage dans les ordis du labo, pensez à me la ramener. Cela pourrait nous aider à aller plus vite. Il ne faudrait pas leur laisser trop d’avance.
    •       Bien sûr, Tali. Pas de souci. Vous savez, si j’avais vos talents, je vous laisserez ma place volontiers.
    •       Merci Liara, c’est gentil de me dire ça. Mais vous savez comme moi que ça n’arrivera jamais.
    •       Ha, heu, d’accord, bégaya-t-elle. Je disais ça pour vous remonter le moral, hein, c’est tout.
    •       Je sais.
    •       Shepard ?
    •       Oui, Steve ?
    •       Heu, et moi ? Je veux dire, je vais pas garder le hangar tout seul, si ? Vous aviez parlé d’une équipe.
    •       Traynor ?, demanda Shepard à travers son intercom, après avoir longuement réfléchi. Vous pourriez quitter votre poste une minute?
    •       Bien sûr. Que se passe-t-il ?
    •       Rejoignez-nous dans la salle de débriefing, j’ai à vous parler.
    •       Sérieux ? ironisa le capitaine Cortez. L’officier Traynor ? Elle n’est jamais sur le terrain ! Comment voulez-vous qu’elle vous exfiltre en cas de problème ?
    •       Steve, ne sous-estimez pas Samantha. Elle peut faire des miracles avec une brosse à dent ! lui répondit Shepard avec une pointe d’humour. N’oubliez jamais, que sans elle, nous n’aurions jamais pu reprendre le Normandy à mon double maléfique.
    •       Certes, conçut-il. Mais de là à l’envoyer sur le terrain !
    •       Officier Traynor, au rapport, mon Amiral ! déclara Samantha en sortant de l’ascenseur main sur la tempe.
    •      Rompez, soldat ! s’amusa-t-elle à lui répondre. Plus sérieusement, je vous ai fait venir parce que vous avez une bonne connaissance de notre armée. Et il me manque des hommes sur le terrain. L’amiral Hackett doit bien avoir des hommes en réserve quelque part non ? Sur le continent américain serait parfait.
    •       Je vais me renseigner.
    •      Bien ! s’exclama-telle avant de se tourner vers les autres. Rompez ! Joker nous fera signe quand nous serons arrivés à destination !

    ***

    Approximativement 10 heures après être partie de Vancouver, Aria arriva enfin au point de rendez-vous. Le soleil commençait déjà à décliner à l’horizon et dans quelques heures, l’endroit serait plongé dans le noir. Elle demanda à Krank de survoler l’endroit en mode furtif, histoire de voir si Petrovski était arrivé. Contre toute attente, il était déjà là, au pied de la falaise, seul. Au moins a-t-il tenu sa promesse, se dit-elle avant de demander à son homme de main de poser la navette un peu plus loin, à l’abri des regards. Elle lui demanda ensuite de rester à l’écart mais de toujours garder un œil sur elle et les alentours, au cas où, on ne sait jamais.

    Même si elle souhaitait toujours quitter la Terre pour retrouver Oméga, elle devait bien admettre qu’il y avait quand même sur cette planète de belles choses à voir. Le Mont Rushmore en était un bel exemple. Le talent qu’il avait fallu à ces humains sans technologie avancée, ni pouvoirs pour sculpter un tel chef d’œuvre était déjà magique en soi. Il était là depuis des centaines d’années et n’avait presque pas subi de dommages durant l’attaque des Moissonneurs. Un vrai miracle. À croire que quelque chose le protégeait. Un champ de force naturel peut-être.

    Elle continuait d’avancer vers Petrovski lorsqu’elle entendit un bruit. Léger, presque furtif même. Là, quelque part, dans les buissons qui entourait la falaise. Elle se sentait observée et n’aimait pas cette sensation. Elle se figea alors et dressa l’oreille pour savoir d’où venait le danger. Une légère aura bleutée l’entoura lorsqu’elle actionna son champ de force. Si cet enfoiré a amené du monde avec lui, se dit-elle, je le massacre.

    De son côté, Petrovski tendait lui aussi l’oreille, le corps en alerte. Il commençait à se demander si Aria ne lui avait pas poser de lapin. Ce serait bien son genre, tiens, se dit-il pour lui-même. Il avait posé sa navette à l’opposé de celle d’Aria et avait demandé à son équipage de le surveiller de loin. Il n’avait pas voulu emmener d’intercom auditif de peur qu’elle s’en aperçoive et annule la transaction. Sans parler du fait qu’elle lui aurait sûrement lancer une déchirure, pour le fun. Il se mit à faire les cent pas, tout en regardant des deux côtés pour voir si la reine pirate daignerait se pointer avant la tombée de la nuit. Lui aussi se sentait observé, et lui aussi se demandait ce qui pouvait bien se cacher dans les buissons.

    Ne voyant rien s’élancer vers elle, Aria reprit sa marche, tout en gardant son bouclier actif, au cas où. Elle arriva enfin dans le champ de vision de Petrovski et celui-ci lui fit de grands gestes pour lui signifier de venir le rejoindre. Elle n’était plus qu’à quelques mètres de lui, lorsque tous deux entendirent un grognement qui n’avait rien de naturel. Son champ de force se mit à briller plus fort, tandis que lui posa la main sur l’arme qui se trouvait sur sa hanche et qui était dissimulée par sa veste. Tous deux tournèrent leur regard dans la direction d’où venait le bruit et attendirent qu’il se passe quelque chose. Ils n’eurent pas à attendre longtemps. En effet, un ours gigantesque (ou du moins ce qui y ressemblait) suivit par d’autres animaux (tout aussi monstrueux) sortirent des buissons qui se trouvaient à quelques dizaines de mètres d’eux.

    -        Putain, Petrovski, c’est quoi ces trucs ? hurla Aria, qui commença à envoyer des singularités dans leur direction. L’une d’elle atteint l’ours qui commença à flotter dans les airs.

    -          Qu’est-ce que j’en sais moi ! Je suis pas devin ! lui répondit-il tout en tirant de larges salves vers les animaux qui commençaient à courir vers eux, blessant mortellement certains d’entre eux.

    -          Tiens, prends ça, dit-elle en lançant une déchirure à un loup gigantesque qui s’approchait d’un peu trop près. La pauvre bête fut coupée en deux, ce qui eut pour effet d’énerver ceux qui suivaient. 

    -          Arrêtez de les énerver, vous voyez pas qu’ils nous encerclent ?

    -          Bien sûr que si je le vois, je suis pas aveugle, dit-elle en lançant une série d’ondes de choc. Ça devrait les faire reculer un peu.

    -          Oh, oh, dit Petrovski. Votre singularité a pris fin, et l’ours a pas l’air content du tout. En effet, celui-ci émit un rugissement  à faire blêmir d’effroi n’importe qui et commença à charger.

    -          Putain Krank, qu’est-ce que tu fous ? se dit-elle mentalement. J’ai beau être très forte, je tiendrais pas indéfiniment ! cria-t-elle en se mettant dos à dos avec Petrovski.

    -          J’ai plus de munitions ! dit-il en lançant son arme. On est foutu si quelqu’un ne vient pas très vite nous aider !

    -          Un peu de tenu Petrov ! Vous êtes censé être le chef de l’organisation criminelle la plus puissante de la planète, pas un pleurnichard ! lui dit-elle en lançant une projection sur le groupe de trois qui s’avançaient vers elle, les envoyant valser quelques mètres plus loin. Elle réitéra l’action sur l’ours qui s’apprêtait à dévorer Petrovski.

    Alors que les animaux survivants s’approchaient de plus en plus dangereusement, un cri puissant se fit entendre. Regardant derrière eux, Aria vit Krank arriver en chargeant, son arme à la main. Le sol trembla sous le poids du Krogan et les animaux firent volteface. Au même moment, sortant des buissons, l’équipe de Petrovski ouvrit le feu sur les quelques animaux qui n’avaient pas encore été mis en pièce. Au bout de quelques minutes d’intense affrontement, le calme revint. Aria put alors souffler et les regarder plus attentivement. Elle s’approcha de l’un d’eux, l’ours qu’elle avait fait voler dans les airs et qui n’avait même pas eu une petite égratignure, et esquissa une grimace.

    -       Je suis pas une spécialiste de la faune de cette planète, mais ceux-là ne me semblent pas tout à fait normaux, dit-elle en les pointant du doigt.

    -        Je suis d’accord, admit Petrovski. On dirait qu’ils ont muté. Cet ours était plus grand et plus agressif que la normale. Pareil pour les autres. Certains ne sont même pas censés être dangereux !

    -          Une idée de ce qui a pu les mettre dans cet état ? demanda-t-elle en le regardant attentivement.

    -          Vous n’êtes quand même pas en train de m’accuser de quelque chose? demanda-t-il, visiblement vexé.

    -       Eh bien, ce serait bien le genre de Cerberus de faire des expériences tordues sur la faune de cette planète. Pour les rendre plus combatifs, par exemple, ou pour former une armée. Mais vous avez l’air aussi surpris que moi, donc ça ne vient peut-être pas de vous, lui dit-elle, reportant son attention sur les cadavres.

    -          L’homme Trouble serait derrière tout ça ? se demanda-t-il, vraiment surpris. Mais dans quel but ?

    -     Ça, je ne sais pas. À vous de me le dire ! Il pensait peut être vaincre les armées des moissonneurs avec ces animaux génétiquement modifiés. Il faudrait leur faire une autopsie pour être sûr.

    -          Vous pensez qu’il peut y avoir un labo, là, quelque part, d’où sont sorties ces créatures ?

    -          Tout est possible avec l’homme trouble. Il s’est bien mis des implants de moissonneurs dans le but de les contrôler.

    -       Emmenez ces corps au vaisseau, ordonna-t-il à ses hommes. Et si on remettait notre entrevue à plus tard, histoire de nous remettre de nos émotions ? demanda-t-il à Aria.

    -          Et mon poing dans votre gueule ? lui lança-t-elle pour toute réponse. Vous ne pensez tout de même pas qu’après avoir fait tout ce chemin, je vais faire machine arrière à cause de quelques animaux décérébrés ?

    -          Certes. Eh bien, vu que la nuit va presque tomber, je vous propose de monter notre campement ici pour cette nuit.

    -         Je préfère dormir dans mon vaisseau, sans vouloir vous vexer. Mais si l’envie vous prend de dormir à la belle étoile, à la merci de ces bêtes sauvages, faites donc, ne vous gênez surtout pas pour moi ! dit-elle, en tournant les talons, et en retournant à son vaisseau escorté par Krank.

    -          Reine Pirate de mes deux ! fulmina-t-il en retournant lui aussi dans sa navette.

    Chapitre 9

    Après avoir reçu le message de l’officier Traynor, l’Amiral Hackett envoya une navette, avec à son bord deux de ses meilleurs hommes, attendre le Normandy dans une petite ville proche de la planque de Cerberus. Ils n’eurent pas à attendre longtemps, celui-ci arrivant en mode furtif au bout d’une heure. Joker posa le vaisseau dans un endroit éloigné du centre-ville pour ne pas attirer l’attention et Shepard partit à la recherche de ses deux nouvelles recrues.

    Elle les connaissait de vue, grâce aux photos que lui avait montrées Samantha et connaissait leur position grâce à une vieille invention remise au goût du jour par les chercheurs de l’Alliance, la puce GPS, introduite dans leur armure. Du coup, elle savait qu’ils se trouvaient dans un bar situé non loin de sa position actuelle. Le soleil commençait à décliner, ce qui était synonyme de beuverie pour certains des habitants. Elle devait se dépêcher si elle ne voulait pas finir dans une bagarre, ce qui ne manquait jamais d’arriver dans ce genre d’endroit. Les gens qu’elle croisait la dévisageaient, certains n’hésitant pas à venir lui demander un autographe, d’autres lui reprochant la mort des synthétiques. Elle finit par trouver l’endroit en question et chercha de vue les hommes que Hackett lui avait envoyé. Elle n’eut pas besoin de regarder leurs photos pour les trouver, tellement leur allure était différente de celle des autres clients du pub. Elle s’avança vers eux et attendit que l’un des deux lance sa fléchette pour leur adresser la parole.

    -          Soldats, au rapport ! leur dit-elle solennellement.

    -      Oui, mon Amiral ! lança le premier en se retournant une main sur la tempe. Enchanté de vous rencontrer. Mon collègue et moi sommes à votre disposition.

    -          Bien, dans ce cas, vous pouvez peut-être vous présenter ?

    -          Ha, heu, bien sûr, mon Amiral ! répondit le deuxième homme en bégayant. Officier Neuville, pour vous servir, mon Amiral.

     L’homme était visiblement stressé. Sa rencontre avec Shepard y était probablement pour quelque chose. Les gens se comportaient souvent comme ça la première fois qu’ils la rencontraient et cela la mettait toujours mal à l’aise.

    -          Du calme, officier. Je ne mords pas, dit-elle en plaisantant.

    -          Veuillez excusez mon ami, Amiral, dit le premier homme. Il n’a pas l’habitude de voir des célébrités. Et il faut dire que vous voir en chair et en os, eh bien, ça fait quelque chose ! Officier Anderson, pour vous servir, dit-il en mimant le geste d’ôter son chapeau.

    -          An…Anderson !? demanda-t-elle visiblement choquée d’entendre ce nom. Est-ce que par hasard, vous auriez…

    -          Un lien de parenté avec le grand David Anderson ? En effet, mon Amiral. Je suis son petit neveu. Laissez-moi donc vous dire que je sais la chance que nous avons de servir à vos côtés. Et nous ne vous décevrons pas ! N’est-ce pas Neuville ? demanda-t-il à son voisin en lui donnant un petit coup de coude.

    -          Heu, tout à fait, Amiral ! Vous pouvez compter sur nous !

    -      Bien, dans ce cas, maintenant que les présentations sont faites, on retourne au vaisseau. On a une mission de la plus haute importance à effectuer. Et il va bientôt faire nuit.

    -          À vos ordres Amiral ! On vous suit ! dirent les deux hommes en faisant le salut militaire.

    Ils se dépêchèrent de rentrer au Normandy, les rues devenant de plus en plus bondées à mesure que l’obscurité grandissait. Ils furent accueillis par l’officier Traynor qui les attendait pour leur faire la visite du vaisseau et leur montrer les quartiers d’équipage. Ils n’imaginaient pas celui-ci aussi grand et aussi bien agencé. L’équipage leur fit un accueil chaleureux, après quoi ils allèrent tous manger au mess avant une dernière réunion. Shepard leur expliqua qu’ils attaqueraient le lendemain à l’aube et qu’ils resteraient postés avec le capitaine Cortez dans le hangar pour les couvrir en cas de grabuge. Après avoir rappelé à chacun sa mission, elle mit fin à la réunion et les envoya dans leurs quartiers.

     -          James ? demanda Shepard.

    -          Oui mon Amiral, qu’est-ce qui se passe ?

    -          Vous êtes sûr qu’on peut faire confiance à votre taupe ?

    -          Affirmatif mon Amiral !

    -          Vous ne voulez toujours pas me dire quel lien vous lie à cette personne ?

    -          Avec tout le respect que je vous dois, Lola, je ne pense pas que ceci soit important. Ce qui est important en revanche, c’est que je lui confierais ma vie sans hésiter.

    -          Si vous le dites, dit-elle légèrement déçue. Rompez !

    -          Bien, chef !

     James quitta la salle et alla rejoindre Liara dans sa cabine. La jeune Asari relisait les notes qu’elle avait prises quelques heures plus tôt. Elle leva la tête lorsqu’il passa devant elle pour aller dans la salle de bain. Shepard lui en avait fait installer une pour plus d’intimité, maintenant qu’elle était en couple officiel avec Cortez. À vrai dire, elle avait aussi agrandi les quartiers de Garrus et Tali, vu qu’ils passaient le plus clair de leur temps sur le vaisseau. Elle devait bien ça à ses coéquipiers, pour toutes ces années de bons et loyaux services.

    Il en ressorti quelques minutes après, uniquement vêtu d’un caleçon. Liara tapota la place vide à côté d’elle pour l’inviter à la rejoindre, ce qu’il fit sans se faire prier. Elle portait une nuisette blanche, presque translucide, qui laissait entrevoir les sous-vêtements en dentelle qu’elle avait achetés pour une précédente occasion. Elle esquissa un sourire lorsqu’elle vit que sa tenue ne le laissait pas indifférent. Elle l’attira à elle pour l’embrasser lorsqu’elle remarqua un pli au creux de son front. Il semblait contrarié bien qu’il n’en laissa rien paraître. Elle se recula légèrement pour l’observer plus attentivement, ce à quoi il répondit par un grognement.

    -          Tout va bien lapin ?

    -          Bien sûr ! Pourquoi tu me demande ça ?

    -          Je ne sais pas, tu as l’air tendu.

    -          Un peu que je suis tendu, lui dit-il avec un sourire espiègle.

    -          T’es bête ! lui répondit-elle en riant. Je veux dire que tu as l’air contrarié. C’est la mission de demain qui t’inquiètes ? Tu sais, ce ne sera pas plus difficile que toutes les autres fois où on a combattu Cerberus !

    -          Non, c’est pas ça, mi amor ! C’est quelque chose que Shepard m’a dit tout à l’heure. À propos de mon indic. Elle m’a demandé si j’étais sûr de sa loyauté, dit-il en se redressant.

    -          Et alors ?

    -          Je lui ai répondu que oui, bien sûr, mais maintenant, je ne sais plus trop. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu. Et il y a un monde entre refiler des informations et faire entrer l’ennemi dans sa propre base. Et si elle jouait un double jeu ? Et si c’était un piège ? Elle a peut-être changé. Après tout, rien n’est plus pareil depuis la fin de la guerre. Cerberus a un nouveau dirigeant. Et s’il l’avait per à jour et qu’il se servait d’elle pour arriver jusqu’à Shepard ?

    -          Houlà, mon lapin, lui dit-elle doucement en l’attirant à elle. Tu cogites beaucoup trop. Viens, je vais te détendre.

    Avant qu’il n’ait le temps de répondre, elle l’embrassait avec passion. Puis elle le repoussa légèrement, le temps pour elle d’enlever ce morceau de tissu qui la gênait. Il en profita pour faire de même et c’est en tenu d’Adam qu’il se rallongea contre elle. Une aura bleutée commença doucement à entourer l’Asari. Il lui embrassa le cou avec des baisers langoureux avant de descendre lentement vers le creux de ses seins. Là, il passa les mains derrière le dos de sa bien-aimée qui se cambra, afin de dégrafer l’objet de ses frustrations. Il le laissa tomber par terre et reprit son exploration pour s’arrêter au nombril. Il releva la tête pour la regarder un instant, le temps pour lui de voir si elle y prenait du plaisir. Constatant que c’était le cas, il se mit à titiller son nombril avec la langue. Elle lâcha alors un petit cri qui le fit sourire. Le halo bleu s’intensifia et elle se cambra davantage, comme pour l’inviter à la pénétrer. Il reprit sa descente pour arriver au niveau du pubis où il s’arrêta. Il attrapa une des lanières qui entravait l’objet de ses désirs avec les dents et tira délicatement jusqu’à le faire glisser complétement jusqu’au sol. Il se redressa alors pour la contempler tout entière. Elle leva les bras vers lui en signe d’invitation, non sans un sourire aguicheur à la vue de ce membre majestueux qui se dressait dans toute sa splendeur.

    Impatiente, elle sentit son rythme cardiaque s’accélérer et se releva pour l’attirer à elle de nouveau. Dans une étreinte passionnée, il la posséda. Elle laissa échapper un râle de plaisir, lui agrippa la taille avec ses jambes et se laissa emporter dans une cadence de va et vient qui lui procura un frisson d’extase.

     À bout de souffle, ils se séparèrent enfin. Il la regarda se lever et se diriger vers la salle de bain. Il se retourna et glissa sous les draps frais de satin où il s’endormit sans demander son reste.

    Il plongea doucement vers un sommeil mouvementé et son inconscient lui fit revivre une scène de son passé. Il était sur Terre et la guerre avec les Moissonneurs n’avait pas encore commencé. Il devait avoir 19 ans et se tenait sur le seuil de sa maison. Le ciel commençait à rosir, signe que le jour n’allait pas tarder à disparaître. Il avait pris une décision ce jour-là, celle de s’engager dans l’armée en tant que marine. Son père ne voulait pas mais son oncle le poussait dans cette voie. C’était mieux que de traîner dans les bars ou de devenir dealer. Il entendit une voiture au loin et se leva lorsqu’il reconnut celle de son oncle, Emilio. Il venait le chercher pour l’emmener dîner chez lui. Il se leva et monta dans la voiture lorsque celle-ci s’arrêta devant lui. Ils parcoururent quelques kilomètres en silence, puis son oncle prit la parole :

    -          Tu as pris la bonne décision, fils. T’engager dans la marine est la meilleure chose qui pourra jamais t’arriver.

    -          J’espère que tu as raison. Mon père ne m’adresse plus la parole, il est défoncé à longueur de journée

    -          Je te l’ai dit. Il ne peut pas t’empêcher de faire ce que tu veux. Tu pars quand déjà ?

    -          La semaine prochaine. L’entraînement commence quasiment en même temps.

    -          Bien, bien. Tu sais qu’il y a quelqu’un qui est impatient de te voir ?

    -          Ah bon ? Qui ça ?

    -          Tu verras. Elle veut te faire la surprise !

    Se demandant qui cela pouvait bien être, il continua la route en silence. Arrivé devant la maison de son oncle, il descendit de la voiture et se dirigea vers la porte où il actionna la sonnette. Quelques minutes après, la porte s’ouvrit sur une magnifique jeune femme aux cheveux d’un noir de jais et aux magnifiques yeux bleus azur.

    -          Caitlin ? C’est toi ? Dios mio que tu es belle !

    -          N’est-ce pas ? lui demanda son oncle dans son dos.

    -          James ! Ça me fait tellement plaisir de te voir ! Mais ne reste pas sur le pas de la porte. Entre, voyons !

    James la suivit jusqu’à un petit salon. Elle lui proposa de s’installer sur le canapé avec son père le temps pour elle d’aller chercher de quoi grignoter. Cela faisait bien 10 ans qu’il n’avait pas remis les pieds dans cette maison et qu’il n’avait pas revu sa cousine. Depuis ce jour funeste qui avait marqué une déchirure dans la relation de son père avec son oncle. Alors qu’il jetait un rapide coup d’œil dans la pièce, celui-ci fut attiré par une photo sur le mur. Il se leva pour aller l’inspecter de plus près. On y voyait au premier plan une femme et un petit garçon, assis sur la plage, de dos et au second plan un magnifique coucher de soleil. À la vue de ce cliché, une larme roula le long de sa joue. Il sentit une main se poser sur son épaule.

    -          À moi aussi elle me manque ! lui dit doucement Emilio.

    -          Tu t’es déjà demandé ce qui se serait passé si c’était lui et pas elle qui avait pris la navette ce jour-là ?

    -          Eh bien, ta mère serait toujours vivante, je suppose. Et tu ne serais pas en train d’essayer de devenir marine.

    -          Tu as sûrement raison. Je m’en veux de ne pas être venu plus souvent après sa mort. Mais papa…il était tellement mal.

    -          Je sais. La drogue n’a fait que le rendre plus agressif et odieux envers toi. Il aimait profondément ta mère mais n’a pas su gérer sa disparition. Il a coupé les ponts avec nous, pensant que cela l’aiderait. Mais visiblement, ça n’a pas marché.

    Ils furent interrompus par un bruit de talons venu de la cuisine. Ils se retournèrent pour constater que Caitlin venait de déposer un plateau de petits fours sur la table. James et son oncle vinrent s’asseoir côte à côte tandis que la jeune femme s’installait en face d’eux. La soirée continua joyeusement, ponctuée de rires et de mets délicieux. La discussion tourna principalement autour de James et de sa décision, qui ne manquerait pas d’être intéressante. Au bout d’un moment, la conversation prit une tournure différente et ce fut au tour de sa cousine d’expliquer ce qu’elle comptait faire de sa vie. Elle allait bientôt entrer à l’université, au début de l’automne, pour y étudier les sciences et plus spécifiquement les artefacts extra-terrestres. Elle voulait pouvoir faire la différence si une nouvelle guerre semblable à celle du premier contact se déclarait un jour. À la fin de la soirée, Emilio raccompagna son neveu chez lui.

    Nouveau flashback. Cette fois, il était plus vieux. Il regardait la télévision assis sur un canapé peu confortable. Ses coéquipiers riaient autour de lui. Une porte s’ouvrit et un homme entra. Tous se levèrent pour le saluer.

    -          Rompez soldats ! Vega, je peux vous voir deux minutes ? J’ai une mission à vous confier.

    -          Oui, Capitaine !

    James quitta la pièce pour suivre son supérieur dans la salle de débriefing. Ils étaient sur un petit vaisseau, qui comptait une vingtaine de soldats. Il lui expliqua qu’il devait se rendre sur une planète du nom de Néphéron, seul, de préférence, afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Il s’agissait d’une mission d’infiltration afin d’enquêter sur un groupe de scientifiques d’une organisation terroriste. Ils volaient des armes dans toute la galaxie pour les étudier et tentaient de les améliorer pour leur profit. À quelle fin, tous l’ignorait. Une mission de routine, en somme. Il devait entrer, faire sa petite enquête et ressortir pour donner les renseignements à l’Alliance. Rien qui ne devait lui prendre plus de deux jours. Cerise sur le gâteau, son capitaine avait fait en sorte qu’il soit attendu. Il devait se faire passer pour un acheteur potentiel.

    Il partit le lendemain pour le secteur Voyager, où se trouvait une charmante planète tellurique à l’atmosphère toxique et recouverte de volcans afin d’y effectuer sa mission. Le voyage se déroula sans encombre, et après avoir scanné la zone, se posa non loin de ce qui ressemblait à une base.

    Des hommes lourdement armés patrouillaient dans la zone et le système de défense était bien plus sophistiqué qu’il ne le pensait. Par chance, sa couverture était solide et arrivé à l’entrée, on le laissa entrer. Un homme en costume l’accueilli afin de lui faire faire le tour du propriétaire. Il avait en sa possession un petit gadget qui lui permettait d’enregistrer tout ce qu’il voyait ou entendait. Ainsi, il pouvait déambuler librement, sans être obligé de tout retenir pour ensuite noter dans un carnet ses découvertes. À la fin de la visite, il remarqua que son guide ne lui avait pas tout fait visiter. En effet, une partie de la base, délimitée par deux grosses portes, lui était interdite. L’homme lui expliqua que c’était la zone où se trouvaient les laboratoires et qu’il n’y avait rien qui puisse l’intéresser à l’intérieur. Lui n’était pas de cet avis. Après tout, sa mission relevait justement de ce qu’il y avait de l’autre côté de ses portes. Qu’à cela ne tienne, il s’y faufilerait plus tard. L’homme lui montra ses quartiers pour la nuit et lui dit que son chef le verrait le lendemain pour parler affaires. Il devait donc plier cette mission au plus vite.

    Il attendit le milieu de la nuit, au moment où les patrouilles étaient réduites, pour sortir de sa chambre. Il se dirigea directement vers les deux grandes portes qu’il avait vues la veille et se dépêcha de les franchir. Par chance, personne ne remarqua sa présence et aucune alarme ne retentit.

    Il se trouvait dans un couloir bordé de portes et de parois vitrées. Même à cette heure tardive, il pouvait apercevoir des scientifiques derrière leurs bureaux ou leurs microscopes. Il longea le couloir et compta dix portes, de part et d’autre. Sur chacune d’elles était écrit ce à quoi elle correspondait. Il s’arrêta devant celle qui indiquait « artefacts ». Il regarda par la fenêtre pour voir s’il y avait quelqu’un à l’intérieur mais ne voyant personne, entreprit d’entrer. Par chance, la personne qui travaillait là avait oublié de verrouiller la porte. Il donna un coup sur le point vert et la porte s’ouvrit. Il regarda brièvement derrière lui pour être sûr que personne ne l’avait vu faire et entra. Il se dirigea vers les ordinateurs où il connecta son gadget. Absorbé par ce qu’il était en train de faire, il n’entendit ni la porte s’ouvrir ni les pas approcher. Il se releva uniquement lorsqu’il sentit le canon d’un fusil appuyé contre son dos. Machinalement, il leva les mains et rapidement, se retourna et désarma son adversaire qui s’avéra être une femme. Et quelle femme !

    Ils se fixaient du regard sans savoir comment réagir. Lui, la tenant en joue et elle, les mains en l’air. Ils restèrent ainsi de nombreuses secondes avant qu’elle ne brise le silence.

    -          J…James ? C’est bien toi ?

    -          Caitlin, dit-il doucement. Que…comment ? Qu’est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-il, éberlué.

    -          Je pourrais te poser la même question, lui répondit-elle. Et si tu baissais ton arme, avant de blesser quelqu’un.

    -          Euh…oui, pardon. Je…j’ai été surpris, c’est tout.

    Tous deux commencèrent à se détendre. Elle alla lui chercher une chaise et s’assit à son bureau. Elle prit soin de verrouiller la porte, même si à cette heure de la nuit, ils ne risquaient pas d’être dérangés.

    -          Depuis quand tu bosses ici ? Et est-ce que seulement tu sais pour qui tu travailles ?

    -          Je fais des recherches pour améliorer l’armement de nos soldats en vue d’une prochaine guerre. Et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ?

    -          Je ne peux pas te le dire. C’est top secret. Bordel ! dit-il en se prenant la tête dans les mains. Ça se complique si t’es là.

    -          Mais de quoi tu parles à la fin ? Tu es soldat non ? On est dans le même camp alors…même si je ne sais toujours pas ce que tu fais ici à cette heure de la nuit.

    -          Non, justement. On n’est pas dans le même camp, prima ! dit-il en se levant si violemment  que la chaise en tomba à la renverse. Tu bosses pour les méchants ! On ne sait pas qui ils sont mais là, tu travailles clairement à armer l’ennemi !

    -          Tu te trompes ! cria-t-elle, avant de se lever à son tour. Cerberus sert les intérêts de l’humanité.

    -          Cerberus ? C’est quoi ça, Cerberus ? C’est le nom de l’organisation criminelle pour laquelle tu travailles ? Caitlin, ce sont des terroristes ! s’énerva-t-il. Viens avec moi, je vais te sortir de là !

    Il lui prit la main pour la mener vers la sortie mais elle le repoussa violemment. Elle lui expliqua alors qu’elle n’avait pas l’intention de s’enfuir. Elle voulait aider l’humanité à lutter pour sa suprématie. Depuis deux ans qu’elle travaillait pour eux, elle avait vu et appris plus de choses qu’en toutes ses années d’étude. Et elle croyait leur leader bien qu’elle ne l’ait jamais vu. Quoi qu’il dise, elle trouvait le moyen de retourner ses paroles contre lui.

    -          Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous, lui dit-elle, sincèrement désolée. Tu ne me laisse pas le choix, prima, dit-elle avant d’appuyer sur un bouton qui se trouvait près de son bureau.

    Une alarme retentit et des bruits de course se répandirent dans le couloir.

    -          Arrête ! Qu’est-ce qui t’es arrivée ? Tu n’es plus toi-même. La jeune femme que j’ai connu voulait étudier la science pour aider l’humanité, pas pour faire la guerre ! On dirait que tu es…dit-il en cherchant ses mots, endoctrinée ! Désolé, mais moi non plus, tu ne me laisses pas le choix.

    D’un mouvement rapide, il l’attrapa par le bras pour l’amener à lui. Il passa un bras autour de son cou avec sa main libre et appuya le canon du pistolet sur sa tempe avec l’autre. À ce moment-là, la porte s’ouvrit, et il fut mis en joue par une dizaine de super-soldats lourdement armés.

    -          Ne tirez pas, c’est un de nos meilleurs chercheurs ! cria l’un d’entre eux.

    -          Allez amigos, écoutez votre chef, vous ne voudriez pas que je fasse un trou dans sa jolie petite tête, leur dit-il en appuyant plus fort sur le canon, ce qui arracha un cri à son otage.

    -          Laissez-le passer ! leur ordonna l’homme qui semblait être leur supérieur.

    Tous s’écartèrent pour les laisser passer. Une fois arrivé dans le couloir, il recula doucement vers les deux portes qu’il avait prises en entrant, tout en gardant le canon appuyé sur la tempe de sa cousine. Une fois celles-ci franchis, il les bloqua en tirant dans le mécanisme. Et quand il fut sûr et certain qu’ils ne pourraient pas le suivre le temps qu’il regagne sa navette, il relâcha son otage. Il la regarda une dernière fois et sortit en courant du bâtiment. Après quelques échauffourées, il réussit tant bien que mal à retourner à son vaisseau et quitta la planète en vitesse. « Mierda, se dit-il. Toni ne va pas être content ! ».

    Il se réveilla en sursaut et regarda à côté de lui.  Liara était toujours endormie. Un coup d’œil à son réveil lui indiqua qu’il ne restait que deux heures avant de devoir se lever. Incapable de se rendormir, il se leva, mit une veste et un jogging, et descendit dans la soute pour faire un peu de tractions avant le réveil des troupes.

     

     

    (A suivre)

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